Résumé

Quatrelles Les mille et une nuits matrimoniales… (1878)

Viens dans mes bras...
viens sur mon coeur. Ta vie est vide et inutile, banale et désorientée. Tu languis, pauvre être sans but, navire sans pilote... ciel sans étoiles...
fleur sans parfum ; mais console-toi, va !... je tromperai ta douleur à force de tendresse, jusqu'au jour où Dieu aura placé sur ta route celui qu'il te destine. La douleur t'étouffait, n'est-ce pas ? Tu t'étiolais faute d'être comprise... mais tu ne seras plus seule pour gémir. Non, chère enfant, nous confondrons nos pleurs. Tu dois te sentir soulagée, n'est-ce pas ? Il est si doux de s'épancher, d'ouvrir son coeur !
Source : Gallica

Quatrelles Les mille et une nuits matrimoniales… (1878)

Ma chère enfant, il me fallait une épouse.
J'ai douze cent mille francs de rente. La fortune qu'une femme ne partage pas n'a aucune raison d'être. Je suis trop riche pour ne pas avoir une jolie femme ; trop laid pour n'avoir pas une femme honnête ; trop fin pour n'avoir pas une femme intelligente. C'est pourquoi je vous ai désirée. Tout, jusqu'à votre répulsion, m'a prouvé que mon choix est bon. Fort heureusement pour moi, pour vous plus encore peut-être, madame, ce corps difforme, comme un moule faussé, a déprimé le coeur qu'il renfermait.
Source : Gallica

Quatrelles Les mille et une nuits matrimoniales… (1878)

En face l'un de l'autre, dans les deux coins de gauche, un jeune homme et une jeune femme étaient blottis.
Il avait fort bon air ; elle était charmante.
Bien quelle eût, en montant la première, étendu sur la lampe le rideau de soie, mes priviléges d'auteur me permirent de distinguer ses longs cheveux blonds, son sourire railleur, ses grands yeux fiers, ses mains mignonnes, ses pieds d'enfant. Mon coeur a conservé comme un écho de sa voix douce. Elle portait une ample polonaise de velours anglais couleur gris-poussière, et je ne sais quoi de rose tendre autour du cou et dans les cheveux.
Source : Gallica

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