Auguste Bouchet

Résumé

Auguste Bouchet Les Femmes qui savent souffrir… (1862)

Victoire, tais-toi, aie pitié de moi! c'est à en mourir ! s'écria Modeste en sortant du salon, appuyé d'une main sur la porte pour ne pas tomber, et de l'autre se serrant le coeur qui battait à lui ouvrir la poitrine.
— Modeste ! Il était là, mon Dieu ! Victoire chancela sur le bras de son parrain; mais un doux sourire resta fixé sur ses lèvres. — Ah ! monsieur l'abbé, c'est mal de nous tromper ainsi !
Le père Zéphyr jeta ce reproche à l'abbé qui ne l'entendit pas, et regardait Modeste d'un air de pitié, et de triomphe.
Source : Gallica

Auguste Bouchet Les Femmes qui savent souffrir… (1862)

Victoire, Victoire, tu pardonnes à ton bourreau... Oh! monsieur l'abbé, si Dieu pouvait aussi me pardonner ?... —En doutez-vous? répondit l'abbé, qui ne perdait pas les inspirations de la foi au milieu de ces orages de la vie.
— Non, non, articula brièvement Modeste... Oh ! du bonheur ! j'en ai besoin ! du bonheur ! j'ai tant souffert !
La nature l'emportait. Ce dernier cri en était l'énergique témoignage ; mais l'abbé qui connaissait le coeur humain rappela Modeste à la ligne de ses devoirs.
— Dieu pardonne, dit-il, mais il commande au nom du pardon qu'il accorde
— Quoi, monsieur l'abbé ?
Source : Gallica

Auguste Bouchet Les Femmes qui savent souffrir… (1862)

Il est imposible d'analyser les joies de Mme Palud ; elles eurent le privilège d'absorber en elle l'être tout entier, à ce point de ne laisser qu'au second rang tout autre sentiment que celui d'un présent et d'un avenir éclatants de lumières. Le passé pour elle était mort. La venue d'un enfant complice pour sa mère une vie nouvelle. On lui avait caché la vérité ; mais le deuil lui-même, dans ce qu'il a de plus sombre et de plus amer, n'aurait pu l'ébranler dans sa force et dans son orgueil. Elle attendit donc avec calme et patience que son mari vint la chercher.
Source : Gallica

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