Alphonse de Lamartine

Alphonse de Lamartine

L'enfance (1849)

Résumé

Portrait de Alphonse de Lamartine Alphonse de Lamartine L'enfance (1849)

Et cependant je n'ai plus aucune passion ici-bas ; mais le coeur n'est jamais si lourd que quand il est vide. Pourquoi? C'est qu'il se remplit d'ennuis. Oh! oui, j'ai une passion, la plus terrible, la plus pesante, la plus rongeuse de toutes... l'ennui !
J'ai été un insensé. J'ai rencontré le bonheur et je ne l'ai pas reconnu! ou plutôt je ne l'ai reconnu qu'après qu'il était hors de portée ? Je n'en ai pas voulu. Je l'ai méprisé. La mort l'a pris pour elle. O Graziella ! Graziella!...
Source : Gallica

Portrait de Alphonse de Lamartine Alphonse de Lamartine L'enfance (1849)

Viens reposer ton aile auprès de moi. Pourquoi me fuir? c'est un coeur qui t'appelle. Ne suis-je pas voyageur comme toi ?
Dans ce désert le destin nous rassemble. Va, ne crains pas d'y nicher près de moi. Si tu gémis, nous gémirons ensemble. Ne suis-je pas isolé comme toi?
Peut-être, hélas ! du toit qui t'a vu naître, Un sort cruel te chasse ainsi que moi ; Viens t'abriter au mur de ma fenêtre. Ne suis-je pas exilé comme toi?
As-tu besoin de laine pour la couche De tes petits frissonnant près de moi? J'échaufferai leur duvet sous ma bouche.
Source : Gallica

Portrait de Alphonse de Lamartine Alphonse de Lamartine L'enfance (1849)

J'ai été m'asseoir plus loin du bord de la route, sous une touffe de buis d'où je ne voyais plus la cascade, mais d'où je l'entendais, et j'ai continué à écrire.
Je ne me sens un peu de rosée dans le coeur que quand je suis bien seul avec la nature. Tout ce qui traverse seulement cette solitude trouble ou interrompt cet entretien muet entre le génie de la solitude, qui est Dieu, et moi. La langue que parle la nature à mon âme est une langue à voix basse. Le moindre bruit empêche d'entendre.
Source : Gallica

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