Madame de Stolz

Valentine (1875)

Résumé

Madame de Stolz Valentine (1875)

J'étais dans ma cinquième année lorsque j'entrai au couvent. Ces hauts murs, ces longs cloîtres, ces grands arbres, tout cela faisait partie de l'enclos où la Providence avait dans sa bonté caché les secrets de ma vie. L'enfance a pour se préserver du chagrin deux talismans : l'ignorance'et la crédulité qui en résulte. Je ne savais rien ; l'univers pour moi, c'était ce beau carré d'acacias où je jouais, la classe où j'apprenais à lire, la chapelle où l'on chantait des cantiques, le réfectoire où je mangeais de bon appétit, et le dortoir où je dormais douze heures dans mon petit lit blanc.
Source : Gallica

Madame de Stolz Valentine (1875)

Moi, sans frayeur, je répondais tout bas : Enfant, qu'elle est grande ta mère ! Te protéger, t'armer pour le combat; puis, à force de t'aimer, décider presque la victoire. Voilà donc ce qu'est le mariage chrétien? — Tu t'éveillais quelquefois en pleurant, petit ami ; alors je cueillais une rose, j'en ôtais les épines et je la faisais courir légèrement sur ta robe blanche ; tu oubliais tes peines sans apparence et sans nom, et tu regardais la rose.
La grand'mère du cher petit était, malgré son titre vénérable, l'amie intime de Solanges.
Source : Gallica

Madame de Stolz Valentine (1875)

Nous remerciâmes l'enfant du Bois-Fleuri; elle s'en retourna, et je ne la revis plus. Un mois après, une. grande tristesse enveloppa le Val-des-Roses. Nous entendîmes une cloche qui sonnait d'heure en heure; je demandai pourquoi ; on me le dit.
Le soir, Marie-Aimée rêva longtemps, se rappelant le naïf récit de la paysanne, la lutte, les roses, l'adieu. Elle jeta sur le papier ces images, ces souvenirs. Je retrouve dans mon journal ces pensées réunies par elles, et mesurées sans art, sous l'entraînement de son coeur.
Source : Gallica

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