Madame de Stolz, Valentine (1875)
“ J'étais dans ma cinquième année lorsque j'entrai au couvent. Ces hauts murs, ces longs cloîtres, ces grands arbres, tout cela faisait partie de l'enclos où la Providence avait dans sa bonté caché les secrets de ma vie. L'enfance a pour se préserver du chagrin deux talismans : l'ignorance'et la crédulité qui en résulte. Je ne savais rien ; l'univers pour moi, c'était ce beau carré d'acacias où je jouais, la classe où j'apprenais à lire, la chapelle où l'on chantait des cantiques, le réfectoire où je mangeais de bon appétit, et le dortoir où je dormais douze heures dans mon petit lit blanc. ”
