Ernest Billaudel

Résumé

Ernest Billaudel,  La Tête coupée (1868)

“ Quand il arrivèrent au Pas d'Authie, il y avait en l'air une belle matinée d'automne pleine de chants d'oiseaux et de chaud soleil. Les arbres jetaient de toutes parts à leurs pieds des feuilles rouges et jaunes, pareilles à des fleurs. Ils laissèrent le voiturier qui les avait amenés à l'auberge la plus proche et s'en allèrent à pied chez eux.
— Chez nous ! fit Marie émerveillée ; répète un peu, Elie.
Elie répéta et rit de ce rire d'un enfant de vingt-deux ans au bras duquel s'attache une belle fille de dix-huit. Un chez soi, c'est comme une première racine qu'on prend.
”
Source : Gallica

Ernest Billaudel,  La Tête coupée (1868)

“ L'abbé ne parlait point, il priait.
Quelque chose comme une lumière traversa l'esprit de la pauvre grand'mère.
Elle ne fit pas de question, mais elle se prit à pleurer.
— Marie est morte ! fit-elle, j'en suis sûre. O mon pauvre Elie ! murmura-t-elle.
— Quand la droite du Seigneur frappe sur les hommes, elle ne frappe point à demi, répondit l'abbé de sa voix grave.
— Elie aussi ! s'écria madame Dambron en se levant avec un visage décomposé.
L'abbé ne répondit pas. L'aïeule se jeta sur son épaule et pleura tandis qu'ils parlaient du ciel.
”
Source : Gallica

Ernest Billaudel,  La Tête coupée (1868)

“ Je me suis dit tout naturellement : Alexis m'a si souvent parlé de sa mère qui est si bonne, si dévouée, si affectueuse, que je m'en vais à Ailly, chez elle, chez toi ; elle m'accordera l'hospitalité jusqu'au jour ou mes parents m'auront pardonné cette escapade et trouvé un autre collége où les opinions soient plus libres.
— Elie, je suis ravi de tes paroles. Voilà une grande preuve d'amitié ; ma mère te connaît depuis longtemps ; elle t'aime, elle sera heureuse de te recevoir.
Le pauvre enfant s'interrompit, de grosses larmes jaillirent de ses yeux.
”
Source : Gallica

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