Fernando de Rojas,
La Célestine
“ Célestine. L’amour s’est introduit dans votre cœur sans déchirer vos vêtements ; je n’ai pas besoin de déchirer votre corps pour vous guérir. Mélibée. Comment nommes-tu cette douleur qui s’est ainsi emparée du meilleur de mon corps ? Célestine. Le doux amour. Mélibée. À ce seul mot je devine ce que c’est, je me sens réjouie rien qu’à l’entendre prononcer. Célestine. C’est un feu caché, une plaie agréable, un poison savoureux, une agréable amertume, une souffrance délectable, un joyeux tourment, une blessure douce et cruelle à la fois, une douce mort. ”
