Donatien Alphonse François de Sade

Élements biographiques

Portrait de Donatien Alphonse François de Sade Donatien Alphonse François de Sade Aline et Valcour

En ouvrant les yeux le lendemain Clémentine fondit en larmes... L’ivresse est comme l’opium, elle calme la douleur et ne la rend que plus vive au réveil... Ô mon amie, me dit-elle, que ne suis-je morte en dormant !... il ne faudrait jamais s’éveiller quand on a l’infortune pour perspective... Ce n’eût-il pas été un bonheur pour moi que de passer dans les bras de la mort, du sein de l’ivresse où j’étais hier ?... Non, répondis-je, non, nous nous sommes tirées d’un pas plus dangereux que celui-ci... espérons tout de la bonté du ciel.
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Portrait de Donatien Alphonse François de Sade Donatien Alphonse François de Sade Les 120 journées de Sodome

Pour la Desgranges, c’était le vice et la luxure personifiée, grande mince, âgée de 56 ans, l’air livide et décharnée, les yeux éteints, les lèvres mortes, elle donnait l’image du crime prêt à périr faute de force, elle avait été jadis brune, on avait prétendu même qu’elle avait un beau corps, peu après ce n’était plus qu’un squélete qui ne pouvait inspirer que du dégoût, son cul flétri, usé, marqué, déchiré, ressemblait plutôt à du papier marbré qu’à de la peau humaine. Et le trou en était tellement large et ridée que les plus gros engins, sans qu’elle le sentit, pouvaient y pénétrer à sec.
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Portrait de Donatien Alphonse François de Sade Donatien Alphonse François de Sade La Marquise de Gange (1813)

Aime-moi donc, cher époux, aime ton Euphrasie comme elle t’adore ; que tous tes instants soient à elle comme tous ses vœux sont à toi ; n’ayons à nous deux que la même âme : ton amour, nourri par le mien, en empruntera toute la force, et tu ne pourras plus t’empêcher d’aimer Euphrasie, comme Euphrasie aimera son Alphonse.
— Oh ! ma tendre et délicieuse amie, répondait le marquis de Gange, que de délicatesse dans tout ce que tu dis ! Comment n’adorerais-je pas celle qui pense ainsi ? Oh ! oui, n’ayons qu’une âme, elle nous suffira pour exister, puisque nous ne le pouvons que l’un par l’autre.
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