Donatien Alphonse François de Sade

Donatien Alphonse François de Sade

Résumé

Portrait de Donatien Alphonse François de Sade Donatien Alphonse François de Sade La Philosophie dans le boudoir

Madame de Saint-Ange. Soit : mais qu’Eugénie y prenne garde, l’imagination ne nous sert que quand notre esprit est absolument degagé de préjugés ; un seul suffit à la refroidir ; cette capricieuse portion de notre esprit est d’un libertinage que rien ne peut contenir ; son plus grand triomphe, ses calices les plus éminens consistent à briser tous les freins qu’on lui oppose, elle est ennemie de la règle, idolâtre du désordre et de tout ce qui porte les couleurs du crime ; voilà d’où vient la singulière réponse d’une femme à imagination, qui foutait froidement avec son mari.
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Nous adorerons volontiers Jupiter, Hercule ou Pallas, mais nous ne voulons plus du fabuleux auteur d’un univers qui se meut lui-même, nous ne voulons plus d’un dieu sans étendue et qui pourtant remplit tout de son immensité, d’un dieu tout-puissant, et qui n’exécute jamais ce qu’il désire, d’un être souverainement bon, et qui ne fait que des mécontens, d’un être ami de l’ordre, et dans le gouvernement duquel tout est en désordre. Non, nous ne voulons plus d’un dieu qui dérange la nature, qui est le père de la confusion, qui meut l’homme au moment où l’homme se livre à des horreurs
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N’est-ce pas à force de meurtres que Rome est devenue la maîtresse du monde ? n’est-ce pas à force de meurtres que la France est libre aujourd’hui ? Il est inutile d’avertir ici qu’on ne parle que des meurtres occasionnés par la guerre, et non des atrocités commises par les factieux et les désorganisateurs ; ceux-là, voués à l’exécration publique, n’ont besoin que d’être rappelés, pour exciter à jamais l’horreur et l’indignation générale. Quelle science humaine a plus besoin de se soutenir par le meurtre, que celle qui ne tend qu’à tromper ?
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