Alfred Des Essarts

Marthe (1866)

Résumé

Alfred Des Essarts Marthe (1866)

En un mot, il n'y a pas dans sa vie de ces brouillards qui pèsent si lourdement sur toute l'existence d'une fille pauvre. Moi je n'ai ni la liberté de mes jours, ni celle de mon esprit ; je ne puis sortir de la maison où l'on m'emploie ; tous les yeux sont fixés sur moi; je dois un continuel exemple. Mes semblables et moi nous devons poser pour le modèle des vertus, de la patience, de la résignation, de la modestie, de la simplicité. Ah ! si j'avais le malheur de porter des volants !...
J'en reviens à Mlle Sarradin, qui m'enveloppait de la flamme dévorante de son premier regard.
Source : Gallica

Alfred Des Essarts Marthe (1866)

Le bon Dartigue, effrayé de l'effet qu'il avait produit, appela au secours et vit bientôt arriver les personnes qui étaient restées en haut.
Charles entra le premier.
— Ah ! mon pauvre fils, ah ! mon Emmeline, dit en sanglotant la mère, je n'avais que trop raison dans mes appréhensions. C'est fini, nous sommes ruinés !
— Ruinés !... tel fut l'écho général.
— Oui, M. Dartigue est venu tout exprès m'en informer.
Dartigue, rencontrant le regard courroucé de Charles, se sentit tout interdit et murmura :
— Mon Dieu ! je sais qu'un porteur de mauvaises nouvelles n'est jamais agréable.
Source : Gallica

Alfred Des Essarts Marthe (1866)

Bien loin que l'éducation de Saint-Denis inspire des idées ambitieuses et le goût du faste, elle enseigne la modestie, la simplicité et l'amour du travail. Si l'on cherche à nous donner des talents, ce n'est nullement pour flatter notre orgueil et nous préparer à devenir des héroïnes de salon, mais bien pour développer notre intelligence et nous assurer des ressources en vue de l'avenir. A Saint-Denis, on soigne autant la broderie et la couture que l'histoire et la musique ; la meilleure des mères ne rêverait pas pour sa fille une instruction plus morale, plus chrétienne.
Source : Gallica

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