Nelly Hager

Résumé

Nelly Hager Le drapeau de Valmy (1882)

A Heilsberg l'aveu était sur mes lèvres ; mais une crainte m'a retenu. Si j'étais mort le lendemain, quels regrets auraient été les vôtres !... Avec un doute sur mon amour, votre deuil eût été moins profond.
Être aimé de vous !... Franziella, est-il un bonheur comparable au mien ?... Posséder ce coeur si pur, si ardent, si loyal ; avoir pour compagne de ma vie une femme d'une si belle intelligence, d'un caractère héroïque jusqu'au martyre ; qui sera à la fois l'amante et l'amie.
Que sont les tristesses passées à côté des joies
infinies que nous réserve l'avenir ?...
Source : Gallica

Nelly Hager Le drapeau de Valmy (1882)

Si je voyais les Prussiens à Paris, dit la jeune institutrice vibrante d'émotion, j'en ressentirais un tel désespoir, un si grand courroux, que je serais prête à toutes les extrémités.
– Et moi, murmura Andrée, j'en mourrais de douleur !
– Hélas ! reprit M. de Muraour. C'est terrible de voir un peuple foulé par une armée étrangère. Pourvu que nos descendants.
Il n'acheva pas, un cri de sa fille l'interrompit, Non loin de l'empereur, elle venait de reconnaître dans un commandant décoré ; le bras en écharpe, son bien-aimé Brenniel.
Le coeur de Franziella battit, son visage rayonna d'amour.
Source : Gallica

Nelly Hager Le drapeau de Valmy (1882)

Franziella trouva aussitôt une réponse à cette épineuse question.
– C'est que ton père, M. Brenniel et moi nous sommes nés dans un pays aimé du soleil, dans ce midi de la France où les orangers viennent en pleine terre, où les insectes mêmes s'allument au printemps, et ta mère dans cette triste région du nord de l'Europe, pays froid, aux brouillards épais, où le sol ne produit qu'avec peine les plantes nécessaires à l'homme, et nous sommes faits – de la terre qui nous voit naître, c'est pour cela qu'aimer sa patrie c'est s'aimer soi-même.
Source : Gallica

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