Alfred Des Essarts, La Comédie du monde, par Alfred Des Essarts (1851)
“ C'est son appétit sensuel Qui fait, dans notre monde infâme, Trôner un dieu matériel. La passion qui nous consume Est une torche qui s'allume Au foyer mortel de l'enfer ; Et notre siècle qui s'y voue Et s'enorgueillit dans la boue, N'est plus même un siècle de fer. L'esprit, cette essence trop pure, Trop chaste pour un temps blasé, N'est, au coeur de la créature, Qu'un luth sans voix et comme usé. Son chant déplairait à la terre ; Dans notre bruit il doit se taire ; Ses accents sont trop beaux pour nous. La Volupté règne en ce monde, Et devant son idole immonde Nous brûlons l'encens à genoux. ”
