Alfred Des Essarts

Résumé

Alfred Des Essarts La Guerre des frères

Tout peuple doit passer par l’incertaine enfance
Et se traîner, pareil à l’aiglon sans défense ;
Au progrès à venir, néophyte grossier,
Par la douleur féconde il doit s’initier.
Son regard, que voilait l’obscurité première,
Ne peut qu’en s’élevant recevoir la lumière.
Pour tisser le réseau des destins éclatants,
Il faut la main de l’homme et le travail du temps,
Cent générations et vingt jours séculaires ;
Il faut bien des sueurs qui n’ont pas de salaires,
Bien des combats livrés sur un terrain glissant
Qui ne s’affermit point qu’avec l’engrais du sang.
Source : Wikisource

Alfred Des Essarts La Guerre des frères

L’homme doit pas à pas conquérir son séjour
Et traverser la nuit sans espérer le jour.
La forêt druidique épaississait ses ombres ;
Les rochers écroulés étageaient leurs décombres ;
Les verdâtres marais, aux cheveux de roseaux,
Tenaient le sol captif sous leurs stagnantes eaux ;
Partout la force inerte opposait au génie
Sa résistance sourde, — implacable ironie :
Si bien que le Chaos semblait garder encor
Ce monde, impatient de prendre son essor,
De ses avares mains saisir jusqu’à l’atome,
Et dans l’ancien limon vouloir replonger l’homme.
Source : Wikisource

Alfred Des Essarts La Guerre des frères

Qui s’allume au flambeau de la sainte amitié.
La France, ce soldat des causes opprimées,
Dans les jours périlleux vous prêta des armées.
Elle jeta son nom dans le plateau puissant
Qui porte jusqu’à Dieu les pleurs de l’innocent.
Mais si son cœur vous eût gardé des sympathies,
Vos oublis, vos dédains les auraient amorties.
Nul ne s’émeut pour vous... Et seul aura pleuré
Sur votre décadence un poëte ignoré.
Allons, alignez-vous ! allons, à la rescousse,
Nord et Sud, Sud et Nord !
Ah ! que ne pouvez-vous voir, à chaque secousse,
Comme rira la Mort !
vi
Écoutez !
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature