Alfred Drouin

Résumé

Alfred Drouin Revue des Deux Mondes

LA MONIALE AILÉE Un oiseau, sur des rameaux nus, Tristement se balance, Tandis que des sapins chenus Tombe à flots le silence.
Jongleurs et porteurs de haillons, Favoris de Marie, Les béquillards, les vagabonds, Encombrent l’abbaye.
Le Hohenbourg est engourdi Dans un linceul immense, Et bien qu’il ne soit que midi, Le soir déjà commence.
Le jour, sous le firmament bas, Promène son fantôme ; L’heure sommeille ; on n’entend pas Même le bruit d’un psaume.
Source : Wikisource

Alfred Drouin Revue des Deux Mondes

Des coteaux d’Obernai jusqu’à la Forêt Noire,
Avant de s’allonger sur le grabat rugueux,
Les vieux moines ridés joignent leurs doigts d’ivoire.
Plus rien n’est éphémère et tout est éternel.
Dans l’entretien divin commandé par la Règle :
La créature perd son poids matériel,
Et l’oraison l’enlève avec ses ailes d’aigle.
Mais toi, toi qui songeais, Christi Margarita,
Toi que sollicitait le démon trismégiste,
Toi qui cédais un peu ; toi que charmaient déjà
Les joyaux mensongers du mauvais alchimiste,
Tu tombes à genoux, et l’ennemi s’enfuit !
Source : Wikisource

Alfred Drouin Revue des Deux Mondes

Indifférente aux bruits montant vers Hohenbourg,
Clameurs de coqs, fracas des buccines de chasse,
Cris des serfs demi-nus, courbés sur le labour,
Rauques soupirs des vents, pèlerins de l’espace ;
Solitaire, appuyée au pupitre massif,
Les yeux illuminés par un modèle insigne,
Tu fis, d’un pinceau prompt et d’un stylet actif,
Resplendir la couleur et triompher la ligne.
Tu peignis tout le jour, sur les vélins polis.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature