Alfred Des Essarts

Résumé

Alfred Des Essarts Le Roman d'un vieux garçon (1879)

« Théophile GODET. »
XXIV
LE PREMIER DUEL.
Le jour se levait sur les eaux transparentes du lac Léman et éclairait de teintes roses cette belle nappe qui reçoit les flots du Rhône.
Bien que vertueux par essence, M. Godet négligea de saluer l'aurore ; en revanche, il eut à se débattre contre une notable quantité d'idées noires et à renfoncer dans sa poitrine les soupirs qui s'en exhalaient.
Qu'un pilier de salle d'armes, aguerri aux luttes du champ-clos, trouve un certain charme dans une rencontre, c'est concevable : mais tel n'était pas notre héros débonnaire.
Source : Gallica

Alfred Des Essarts Le Roman d'un vieux garçon (1879)

A neuf heures du matin, la vénérable femme de ménage, Mme Picot, vint réveiller bruyamment M. Godet, comme à l'ordinaire, en criant de sa voix glapissante : - Bonjour, môsieur; voilà votre lait et votre brioche. Il fait encore aujourd'hui un temps aftreux. Je ne sais pas ce que nous allons devenir. La tin du monde n'est pas loin pour sûr,.. On vole partout.
On assassine en masse. Ah! les pauvres mal'reux!
les pauvres mal'reux !
—Epargnez-moi vos jérémiades, Mme Picot, je vous en prie, dit le vieux garçon en étirant ses bras.
Source : Gallica

Alfred Des Essarts Le Roman d'un vieux garçon (1879)

M. Godet remercia avec effusion et, comptant sur un hôtel simple, se laissa conduire à un véritable palais.
Il était si fatigué du voyage, si épuisé surtout par ses émotions fiévreuses, qu'il ne comprit pas pourquoi dans une ville républicaine on logeait les gens plus splendidement que dans une capitale d'Empire.
On lui donna une chambre dont un banquier eût daigné être satisfait. L'infortuné dormit du plus fort qu'il put afin d'oublier son chagrin : mais son chagrin le reprit au réveil.
C'est toujours ainsi : nos peines veillent à notre chevet.
Source : Gallica

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