Sosthène

Définition et enjeux

Gustave Gilles La Nouvelle Jeanne, par Gustave Gilles (1866)

Son ivresse allait croissant, ainsi que la beauté d'Hébé qui, en habile sirène, savait mettre sur ses traits quelque chose de l'incandescence de l'adorateur. Sosthène appuyait le front sur les genoux de l'idole; il couvrait de baisers ses bras nus; il s'exhaussait sur les jarrets, de ses mains l'entourait à demi, et, la tête tendue sur sa robe, gémissait les plus effervescents propos.
Elle tournait, comme on l'a vu, le dos au boudoir et au judas, observant, sans oublier son rôle, la serrure de la porte du salon.
Source : Gallica

Gustave Gilles La Nouvelle Jeanne, par Gustave Gilles (1866)

Sosthène ne doutait point qu'elle n'eût de la préférence pour lui, puisqu'elle se prêtait, avec tant d'art, à ses desseins; mais pourquoi le torturer en se torturant elle-même? Il se le demandait avec un serrement de coeur. La jalousie le dévorait, le mystère l'attirait, la passion le brûlait, les obstacles l'irritaient. Il ne dormait pas, mangeait quart de vie, se montrait de plus en plus distrait, morose, absorbé. Il dépensait l'argent à profusion pour se faciliter les moyens de voir. Hébé.
Source : Gallica

Portrait de Sophie Gay Sophie Gay Le Mari confident (1849)

Alors il s’écria : « Je t’aime ! » et l’éclat de sa voix mâle, l’accent passionné, l’inflexion tendre de ce mot sorti de son cœur, retentit avec tant de promptitude et de force, que l’écho fit l’effet d’une réponse ; et qu’enivré par cette illusion, Sosthène devint aussi joyeux, aussi spirituel qu’un homme aimé peut l’être.
Les manuscrits, les médailles, les objets les plus sérieux servaient d’interprètes à sa gaîté amoureuse.
Source : Wikisource

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