“ Alcmène. — Qu’il n’a rien fait ! Que nous plonger dans un terrible assemblage de stupeurs et d’illusions, où nous devons nous tirer seuls d’affaire, moi et mon cher mari. Jupiter. — Tu es impie, Alcmène, sache que les dieux t’entendent ! Alcmène. — L’acoustique n’est pas la même pour les dieux que pour nous. Le bruit de mon cœur couvre sûrement pour des êtres suprêmes celui de mon bavardage, puisque c’est celui d’un cœur simple et droit. ”
Alcmène
Définition et enjeux
Alcmène, figure centrale de la mythologie grecque, incarne la contradiction entre le destin divin et l'existence humaine. Dans les récits de Hésiode, qui mettent en avant sa beauté et sa dévotion, ou ceux de Plaute et Molière, où elle se transforme en personnage humoristique et ironique, son rôle se modifie.
Giraudoux, dans Amphitryon 38, la dépeint comme une épouse confrontée à des dilemmes profonds, oscillant entre l'amour profane et les enjeux sacrés. Ces interprétations, mêlant le tragique et le ridicule, soulignent la durabilité de son symbole dans la littérature, lié aux thèmes d'Hercule, de Jupiter et de Thèbes.
Citations sur “Alcmène”
“ — Encore d’Alcmène ! Il s’agira donc toujours d’Alcmène aujourd’hui ! Alors, évidemment, c’est autre chose. Alors c’est l’aparté des apartés, le silence des silences ! Alors disparaissons, dieux et comparses, vers nos zéniths ou vers nos caves. Vous tous ici-bas, spectateurs, retirez-vous sans mot dire, en affectant la plus complète indifférence. Qu’une suprême fois, Alcmène et son mari apparaissent seuls dans un cercle de lumière, où mon bras ne figurera plus que comme un bras indicateur pour indiquer le sens du bonheur ; ”
“ Alcmène. — Sans y avoir réfléchi ? On se demande parfois à quoi pensent ces jeunes femmes toujours riantes, gaies, et grasses à point, comme tu l’assures. Au moyen de mourir sans histoire et sans drame, si leur amour est humilié ou déçu... Jupiter — Écoutez bien, chère Alcmène. Vous êtes pieuse et je vois que vous pouvez comprendre les mystères du monde. Il faut que je vous parle... Alcmène. — Non, non, Amphitryon chéri ! Voilà que tu me dis vous. Je sais trop à quoi mène ce vous solennel. C’est ta façon d’être tendre. Elle m’intimide. ”
