Édouard Bertrand

Résumé

Édouard Bertrand Un critique d'art dans l'antiquité… (1882)

Ce que les poètes de l'anthologie remarquent avant tout dans une œuvre d'art, ce qu'ils admirent, c'est la vie, c'est l'expression morale, et par là leur critique est éminemment spiritualiste. Dans une statue, la matière toute seule, si riche qu'elle soit, ne les touche pas ; elle n'est belle que transformée par le génie de l'artiste. De là tant d'observations sur la puissance de l'art changeant en quelque sorte la nature du marbre et de l'airain, et exerçant une espèce de domination sur cette matière rigide et inerte qu'il assouplit pour la soumettre à l'expression d'une pensée.
Source : Gallica

Édouard Bertrand Un critique d'art dans l'antiquité… (1882)

Jamais la poésie n'a donné d'une œuvre d'art un plus sublime commentaire. On le reconnaît : l'œuvre même est toujours présente sous les yeux du poète. Seulement impuissant à traduire d'un mot l'expression de l'amante où se peignaient à la fois, au moment d'un douloureux réveil, tant de sentiments divers, la surprise, la douleur immense d'un amour trahi, l'effroi de la solitude, il développe dans une succession d'actes et de paroles ce que l'artiste a pu mettre dans un unique regard et dans un seul geste.
Source : Gallica

Édouard Bertrand Un critique d'art dans l'antiquité… (1882)

PHILOSTRATE L'ANCIEN
I. — COMOS Cômos, dieu du plaisir, se tient à la porte d'une chambre nuptiale, porte dorée, à ce qu'il me semble ; car, vu l'obscurité, il est difficile de la distinguer. La nuit règne, représentée non en personne, mais par ses effets. Le seuil annonce que dans leur couche reposent deux riches époux. Le dieu est venu, jeune vers les jeunes gens. C'est un délicat adolescent, à peine un éphèbe. Le visage rougi par le vin, il dort debout, cédant à l'ivresse ; il dort, le front incliné sur la poitrine, sans rien laisser voir du cou, et la main gauche appuyée sur un épieu.
Source : Gallica

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