Médée

Définition et enjeux

Portrait de Pierre Corneille Pierre Corneille,  Médée (1635)

“ Depuis que mon esprit est capable de flamme,
Jamais un trouble égal n’a confondu mon âme.
Mon cœur, qui se partage en deux affections,
Se laisse déchirer à mille passions.
Je dois tout à Médée, et je ne puis sans honte
Et d’elle et de ma foi tenir si peu de conte :
Je dois tout à Créon, et d’un si puissant roi
Je fais un ennemi, si je garde ma foi :
Je regrette Médée, et j’adore Créuse ;
Je vois mon crime en l’une, en l’autre mon excuse ;
”
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Portrait de Pierre Corneille Pierre Corneille,  Médée (1635)

“ Que sert ce grand courage où l’on est sans pouvoir ?
Médée.
Il trouve toujours lieu de se faire valoir.
Nérine.
Forcez l’aveuglement dont vous êtes séduite,
Pour voir en quel état le sort vous a réduite.
Votre pays vous hait, votre époux est sans foi :
Dans un si grand revers que vous reste-t-il ?
Médée.
Dans un si grand revers que vous reste-t-il ? Moi,
Moi, dis-je, et c’est assez.
Nérine.
Moi, dis-je, et c’est assez. Quoi ! vous seule, madame ?
Médée.
Oui, tu vois en moi seule et le fer et la flamme,
Et la terre, et la mer, et l’enfer, et les cieux,
Et le sceptre des rois, et le foudre des dieux.
”
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Portrait de Pierre Corneille Pierre Corneille,  Médée (1635)

“ Créuse et ses enfants conserveront les nôtres.
Médée.
Je l’empêcherai bien ce mélange odieux,
Qui déshonore ensemble et ma race et les dieux.
Jason.
Lassés de tant de maux, cédons à la fortune.
Médée.
Ce corps n’enferme pas une âme si commune ;
Je n’ai jamais souffert qu’elle me fît la loi,
Et toujours ma fortune a dépendu de moi.
Jason.
La peur que j’ai d’un sceptre...
Médée.
La peur que j’ai d’un sceptre... Ah ! cœur rempli de feinte,
Tu masques tes désirs d’un faux titre de crainte ;
Un sceptre est l’objet seul qui fait ton nouveau choix.
”
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