“ CRÉÜSE. Seigneur, souvenez-vous que c’est par votre aveu Que Jason dans mon âme alluma ce beau feu. L’amour sur tous les cœurs remporte la victoire, La plus fière à son tour reconnoît son pouvoir ; Mais il n’est doux que quand la gloire, Pour le faire éclater, suit les lois du devoir. CRÉON. D’Oronte par ce choix je trompe l’espérance ; Mais l’hymen de Jason t’arrête en mes États. ”
Jason
Définition et enjeux
Jason, héros mythologique grec célèbre pour sa quête de la Toison d'or, incarne le symbole de l'aventure et de la transgression. Depuis l'Antiquité jusqu'à l'époque moderne, ses exploits ont inspiré de nombreux auteurs. Apollonios de Rhodes le présente comme un chef guerrier au cœur des flots, tandis que Thomas Corneille explore ses dilemmes moraux dans Médée.
Lucrèce souligne son statut de noble guerrier, et même George Sand le réinterprète comme une figure moderne. Ces approches variées révèlent une personnalité complexe, à la fois héroïque et ambiguë, au croisement des récits mythiques et des réflexions éthiques.
Citations sur “Jason”
Thomas Corneille,
Oeuvres de P. et Th. Corneille…
(1857)
“ Que n'a-t-elle déjà des enfants de Jason, Sur qui plus pleinement venger sa trahison! Suppléons-y des miens; immolons avec joie Ceux qu'à me dire adieu Créuse me renvoie : Nature, je le puis sans violer ta loi; Ils viennent de sa part et ne sont plus à moi. Mais ils sont innocents; aussi l'était mon frère : Ils sont trop criminels d'avoir Jason pour père; Il faub que leur trépas redouble son tourment; Il faut qu'il souffre en père aussi bien qu'en amant. Mais quoi! j'ai beau contre eux animer mon audace, La pitié la combat et se met en sa place ”
Lucrèce,
''Lucrèce, Virgile, Valérius Flaccus - Œuvres complètes''
“ C’est Jason lui-même que vous voyez, ma sœur ; il a traversé des mers immenses pour venir ici revendiquer la toison, héritage de son parent Phrixus. Nul n’est plus noble, nul n’est plus valeureux que lui. Voyez comme il efface en beauté les Argonautes et les plus illustres de nos guerriers, comme il insulte à ces cadavres amoncelés autour de lui ! ”
George Sand,
La Mare au diable
“ À coup sûr ce moderne Jason n’apprécie point nos préjugés à l’endroit de l’exhibition publique, et ses compatriotes n’y comprendront jamais rien. Il vient, il se montre, il nous voit et il est vu de nous. ”
Comtesse de Bassanville,
Les Contes du bonhomme jadis, ou les Nouvelles amusantes tirées de la mythologie…
(1861)
“ Mais tout à coup, reprit le narrateur, Jason s'arrêta dans une grande surprise en voyant, assis sur le bord de cette même fontaine, un jeune garçon ; les yeux fixés sur le courant de l'eau, la figure aussi pâle qu'un beau lis des champs, la bouche à demi ouverte comme un petit poisson qui bâille au soleil, les cheveux tout emmêlés par le vent, et ne faisant aucune attention ni à un petit agneau tout blanc qui bêlait à ses pieds, ni à une charmante fille, tout en larmes, assise à ses côtés et qui cherchait à le distraire par ses paroles. ”
Lucrèce,
''Lucrèce, Virgile, Valérius Flaccus - Œuvres complètes''
“ Jason est au milieu, la reine près de lui, et après eux les Argonautes. La chair des victimes apaise d’abord le premier appétit ; le vin circule dans les coupes, et le silence est général ; bientôt succèdent les causeries, (2, 350) qui se prolongent fort avant dans la nuit. Hypsipyle surtout, enthousiasmée de l’aventureux Jason, lui demande quels desseins l’entraînent, quelle tyrannie le pousse, lui et cet énorme vaisseau thessalien ? Tout entière à ses paroles, elle attise insensiblement les feux qui la pénètrent ; elle est moins rebelle à l’hymen, plus docile aux encouragements de Vénus. ”
Apollonios de Rhodes, Les Petits poèmes grecs
“ Hercule avait près de lui sa massue, et sous ses pieds le vaisseau s’était enfoncé plus avant dans les flots. Déjà on retire les câbles et on fait sur la mer des libations de vin. Jason détourne du rivage de sa patrie ses yeux baignés de larmes. Tels que des jeunes gens qui, dansant au son du luth autour de l’autel d’Apollon, soit à Delphes, soit à Délos, ou sur les bords de l’Isménus, attentifs aux accords de l’instrument sacré, frappent en cadence la terre d’un pied léger : tels les compagnons de Jason, au son de la lyre d’Orphée, frappent tous ensemble les flots de leurs longs avirons. ”
Lucrèce,
''Lucrèce, Virgile, Valérius Flaccus - Œuvres complètes''
“ Médée et Jason sortent de la forêt, gagnent la plaine, et marchent vers l’embouchure du fleuve. La toison éclaire au loin la campagne ; Jason en étale avec orgueil les flocons lumineux ; tantôt il la met autour de son cou, tantôt il la tient suspendue à son bras. Tel marchait Hercule, au sortir des antres de la patrie d'Inachus, ajustant sur sa tête et sur ses épaules la peau du lion de Némée. Les Argonautes, qui attendaient, comme il était convenu, leur chef à l’embouchure du Phase, l’aperçoivent soudain tout reluisant d’or au sein de la nuit, et poussent un cri de joie. ”
S. Jacquemont, Le Musée Thorvaldsen et l’église Notre-Dame de Copenhage
“ Le Jason en effet se présente de la même manière que l’Apollon. Comme le dieu du jour, le héros vainqueur s’avance triomphant, le corps porté sur la jambe droite, l’autre pied touchant à peine la terre. La tête se retourne aussi du côté gauche, pour jeter un regard de dédain sur l’ennemi vaincu. ”
Pierre Corneille,
Médée
(1635)
“ Créon.Cesse de plus mêler ton intérêt au sien. Ton Jason, pris à part, est trop homme de bien : Le séparant de toi, sa défense est facile ; Jamais il n’a trahi son père ni sa ville ; Jamais sang innocent n’a fait rougir ses mains ; Jamais il n’a prêté son bras à tes desseins ; Son crime, s’il en a, c’est de t’avoir pour femme. Laisse-le s’affranchir d’une honteuse flamme ; Rends-lui son innocence en t’éloignant de nous ; Porte en d’autres climats ton insolent courroux ; Tes herbes, tes poisons, ton cœur impitoyable, Et tout ce qui jamais a fait Jason coupable.Médée. ”
Sénèque le Jeune,
Tragédies de L. A. Sénèque
“ Que Jason vive, et qu’il soit toujours à moi, s’il est possible ; sinon, qu’il vive encore, qu’il garde le souvenir de mes bienfaits, et conserve cette vie que je lui ai donnée. La faute en est tout entière à Créon, qui abuse de sa puissance pour briser les nœuds de notre hymen, pour enlever une mère à ses enfants, et séparer deux époux si étroitement unis. C’est de lui seul qu’il faut me venger, c’est lui seul qu’il faut punir. ”
Pierre Corneille,
Médée
(1635)
“ Jason me répudie ! et qui l’aurait pu croire ? S’il a manqué d’amour, manque-t-il de mémoire ? Me peut-il bien quitter après tant de bienfaits ? M’ose-t-il bien quitter après tant de forfaits ? Sachant ce que je puis, ayant vu ce que j’ose, Croit-il que m’offenser ce soit si peu de chose ? ”
Pierre Corneille,
Œuvres de P. Corneille
“ C’est le Soleil mon père. Avancez donc, Jason, 2040 Et sur cette ennemie emportez la toison. Jason. Seigneur, contre ses yeux qui voudroit se défendre ? Il ne faut point combattre où l’on aime à se rendre. Oui, Madame, à vos pieds je mets les armes bas, J’en fais un prompt hommage à vos divins appas, 2045 Et renonce avec joie à ma plus haute gloire. S’il faut par ce combat acheter la victoire, Je l’abandonne, Orphée, aux charmes de ta voix, Qui traîne les rochers, qui fait marcher les bois : Assoupis le dragon, enchante la Princesse. ”
Pierre Corneille,
Médée
(1635)
“ Et vous conserveront, en dépit du poison, Et pour reine à Corinthe, et pour femme à Jason. Il arrive, et surpris, il change de visage ; Je lis dans sa pâleur une secrète rage, Et son étonnement va passer en fureur. Scène V. Jason, Créuse, Cléone, Theudas.Jason.Que vois-je ici, grands dieux ! quel spectacle d’horreur ! Où que puissent mes yeux porter ma vue errante, Je vois ou Créon mort, ou Créuse mourante. Ne t’en va pas, belle âme, attends encore un peu, Et le sang de Médée éteindra tout ce feu ”
Dante Alighieri,
Divine Comédie, traduction par M. Henri Dauphin…
(1886)
“ Quelques mythologues disent que les dents semées par Jason provenaient du dragon tué par Cadmus en Béotie, et qu'elles avaient été données par Minerve à Aétès, roi de Colchide. Le poète qui, dans son pèlerinage, aspire au pain des anges, se compare à Jason Bifolco, moins à Jason conquérant la toison d'or, qu'à Jason fertilisant le sol. Excités par la soif du royaume de Dieu innée dans l'homme et inextinguible, nous étions emportés avec une rapidité presque égale à celle du mouvement du ciel. Béatrix regardait en haut, et mes yeux ne la quittaient pas. ”
Apollonios de Rhodes, Les Petits poèmes grecs
“ Cependant Jason, occupé de soins plus importants, avait les yeux baissés et réfléchissait profondément : "Fils d’éson, s’écria le bouillant Idas avec insolence, quel dessein roules-tu dans ton esprit ? Découvre-nous tes pensées. La crainte, ce tyran des âmes faibles, s’emparerait-elle de toi ? J’en atteste cette lance avec laquelle j’ai acquis dans les combats une gloire que rien n’égale, cette lance qui vaut mieux pour moi que le secours de Jupiter ; non, puisque Idas est avec toi, tu n’as rien à craindre et rien ne pourra te résister, quand même un dieu combattrait contre toi. ”
Nathaniel Hawthorne,
Le Livre des merveilles
“ Plus que tout autre objet, les monstres, emportés au galop de son coté, frappent les regards impassibles de Jason. Leurs pieds de bronze résonnent sur le sol, leurs queues dressées se roidissent selon l’habitude des taureaux en furie ; l’herbe est séchée instantanément comme parle contact d’un météore ; l’atmosphère est tellement embrasée qu’un arbre mort, au pied duquel se tenait Jason, brûle comme une paille légère. Quant à lui (grâce au remède magique de Médée) , la flamme tourbillonne autour de son corps et ne l’atteint pas plus que s’il eût été formé d’amiante. ”
Pierre Mille,
Sur la vaste Terre
(1905)
“ C’était une apothéose, et Jason revenant avec la Toison d’or, les caravelles de Colomb rentrant à Cadix chargées de toute la gloire de l’élargissement du monde, Nelson à Naples où l’attendait lady Hamilton, effroyable amoureuse, ne furent pas reçus comme fut reçue en ce jour la veuve d’Alfred Murray... Une passerelle glissa du navire jusqu’au quai, et l’on vit apparaître une malheureuse femme à l’air humble, avec des petites rides effrayées plein la figure, des cheveux blanchissants, une jupe en foulard jaune toute fripée, qui semblait sa seule préoccupation, sa honte. ”
“ Mais voy-je pas Jason? Medée: C'est luy, chere Nourrice, Le traistre vient vers nous pour farder sa malice. Que cherches-tu, Jason? viens-tu icy pour voir Celle que par ta faute on met au desespoir? Jason: Medée, ton courroux et ton hautain courage Ne t'ont pas seulement icy porté dommage, Mais maintes fois ailleurs: je ne le dy pour moy, Qui ne te puis hayr; je le dy pour le Roy, Que tes propos cruels ont irrité, en sorte Que, sans l'amour de moy, tu fusses desja morte. Doncq', si tu as du mal, tu l'as bien merité: Follement du sujet est son Prince irrité. ”
Gaston Maugras, La marquise de Boufflers et son fils le chevalier de Boufflers… (1907)
“ Vous êtes comme cette pauvre Médée qui veut le bien et qui fait le mal; vous charmez, vous rajeunissez tout ce qui vous entoure, il ne vous manque qu'un Jason. Pour moi, je suis tantôt le bonhomme à qui vous rendez ses premiers ans, tantôt le vieux bélier dont vous faites un agneau, tantôt ce pauvre frère que vous mettez en pièces, mais je ne suis jamais celui que je voudrais être. ”
Charles-François Dupuis,
Abrégé de l’origine de tous les cultes
“ Les femmes surtout versent des larmes à leur départ, et s’affligent sur le sort du vieil Éson, père de Jason, et sur celui d’Alcimède sa mère. Le poète s’arrête à nous peindre le tableau attendrissant de cette séparation, et la fermeté de Jason, qui cherche à consoler les personnes qui lui sont chères. On voit sa mère qui lui exprime ses regrets et ses craintes, en même temps qu’elle le serre entre ses bras et le baigne de ses larmes. Les femmes de sa suite partagent sa douleur, et les esclaves chargés d’apporter les armes de son fils gardent un morne silence, et n’osent lever les yeux. ”
Sénèque le Jeune,
Tragédies de L. A. Sénèque
“ Jason Je voudrais pouvoir consentir à ce que vous me demandez, je l’avoue, mais l’amour paternel me le défend ; Créon lui-même, tout roi qu’il est, et mon beau-père, n’obtiendrait jamais de moi un pareil sacrifice. Mes en-fans sont les seuls liens qui m’attachent à la vie, la seule consolation de mes cuisantes peines ; je renoncerais plutôt à l’air que je respire, à mes propres membres, à la lumière du jour. Médée Voilà donc comme il aime ses enfants ! c’est bien, il est en ma puissance, j’ai un endroit où le frapper. ”
Pierre Corneille,
Médée
(1635)
“ Ne fuyez pas, Jason, de ces funestes lieux. C’est à moi d’en partir : recevez mes adieux. Accoutumée à fuir, l’exil m’est peu de chose ; Sa rigueur n’a pour moi de nouveau que sa cause. C’est pour vous que j’ai fui, c’est vous qui me chassez. Où me renvoyez-vous, si vous me bannissez ? ”
Sainte-Beuve,
Revue des Deux Mondes
“ Médée s’oublie à l’écouter, et c’est Jason qui, le premier (ainsi qu’il est naturel) , croit devoir la rappeler à la prudence, l’avertir qu’il se fait tard, que le soleil bientôt va se coucher, et qu’il faut éviter d’éveiller les soupçons des compagnes. Les deux amans se séparent avec espoir de se retrouver. Le troisième chant n’est pas fini ; il va se couronner, non sans grandeur, par une très belle description de la lutte de Jason avec les taureaux qu’il attelle, et de son combat contre les géans, qu’il moissonne comme un laboureur terrible. ”
Lucrèce,
''Lucrèce, Virgile, Valérius Flaccus - Œuvres complètes''
“ Jason ne sachant que répondre à ces plaintes réitérées pousse de profonds soupirs. Le respect des Dieux, la sainteté de sa promesse, les premières douceurs de l’hyménée peuvent à peine le retenir. Il balance ; il voudrait mourir, en songeant à celle que menace comme lui ce nouveau péril ; il faut enfin qu’il cède à ses compagnons. Une fois sa résolution prise, les Argonautes attendent que l’orage et que les flots s’apaisent ; jusque-là on ne dit rien à Médée ; on lui cache le funeste décret. Mais l’amour, s’il est souvent le jouet de craintes chimériques, en éprouve souvent de trop réelles. ”
Pierre Corneille,
Médée
(1635)
“ Jason, ce m’est assez de mourir à tes yeux : Empêche les plaisirs qu’elle attend de ta peine ; N’attire point ces feux esclaves de sa haine. Ah, quel âpre tourment ! quels douloureux abois ! Et que je sens de morts sans mourir une fois ! ”
Thomas Corneille,
Oeuvres de P. et Th. Corneille…
(1857)
“ Alors, sans'mon amour, qu'eût fait votre vaillance? Eût-elle du dragon trompé la vigilance? Ce peuple que la terre enfantait tout armé, Qui de vous l'eût défait si Jason n'eût aimé? Maintenant qu'un exil m interdit ma patrie, Créuse est le sujet de mon idolâtrie : Et j'ai trouvé l'adresse, en lui faisant la cour, De relever mon sort sur les ailes d'Amour. POLLUX. Que parlez-vous d'exil? La haine de Pélie. JASON. Me fait, tout mort qu'il est, fuir de sa Thessalie, POLLUX. Il est mort ! ”
Pierre Corneille,
Œuvres de P. Corneille
“ AÆTE, ABSYRTE, HYPSIPYLE, MÉDÉE, ZÉTHÈS, CALAÏS, ORPHÉE.Calaïs. Élevons-nous, mon frère, au-dessus des nuages : Du sang dont nous sortons prenons les avantages ; Surtout obéissons aux ordres de Jason : 2060 Respectons la Princesse, et donnons au dragon. (Ici Zéthès et Calaïs s’élèvent au plus haut des nuages en croisant leur vol.) Médée, en s’élevant aussi. Donnez où vous pourrez ; ce vain respect m’outrage : Du sang dont vous sortez prenez tout l’avantage. Je vais voler moi-même au-devant de vos coups, Et n’avois que Jason à craindre parmi vous. ”
Lucrèce,
''Lucrèce, Virgile, Valérius Flaccus - Œuvres complètes''
“ Tout à coup un trait, lancé avec vigueur, passe en sifflant, au-dessus du vaisseau, et les avertit d’apprêter leurs armes. Chacun s’arme au hasard (3, 80) de ce qui lui tombe sous la main. Jason saisit son casque, et s’écrie : « Agrée, ô mon père, ce premier combat de ton fils ; et vous, guerriers, supposez que vos vœux s’accomplissent, et que vous êtes à Colchos. » Soudain pareil à Mars, quand ce dieu du haut du ciel se précipite au milieu des Thraces, animé par les cris, les clairons homicides de ce peuple héroïque, Jason, plein d’ardeur, s’élance sur le rivage. Ses compagnons le suivent ”
Ovide,
Les Métamorphoses, traduction Gros
“ Jason affronte les feux. Grâce à ses herbes enchantées, il ne les sent pas s’exhaler autour de lui. D’une main hardie il caresse le fanon des taureaux, les soumet au joug, les force à traîner la pesante charrue et à déchirer avec le soc une terre vierge encore. Les habitants de la Colchiderestent immobiles de surprise ; les Argonautes excitent par leurs cris le courage du héros. Alors il tire d’un casque d’airain les dents du dragon de Mars, et les sème dans les sillons nouvellement tracés. La terre ramollit ces dénis humectées d’un philtre puissant. ”
Charles-François Dupuis,
Abrégé de l’origine de tous les cultes
“ La gloire qui vous attend n’est pas moindre, si vous rendez cette foule de héros aux vœux de la Grèce. Médée, qui l’avait écouté les yeux baissés, sourit doucement à ces paroles ; elle le regarde, et veut lui répondre sans savoir encore par où commencer son discours, tant ses pensées se pressent et se confondent : elle tire de sa ceinture la drogue puissante qu’elle y a cachée. Jason s’en saisit avec joie ; elle lui eût donné son âme toute entière s’il la lui eût demandée, tant elle était éprise de la beauté de ce jeune héros, dont le poète nous fait ici la plus charmante peinture. ”
