Pierre Mille

Pierre Mille

Résumé

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille Sur la vaste Terre (1905)

La chère Ramary a une consolation : au moins son grand ami est sous la terre, pour toujours ; il est mort, il ne l’a pas abandonnée. Mais crois-tu qu’elle pourra désormais vivre avec un mari malgache ? Elle essayera, je le sais bien, quand elle sera vieille, mais elle sera malheureuse, elle pensera toute sa vie au blanc qui est mort, à des plaisirs et des bontés que l’autre, le Malgache, ignorera toujours ; et il la battra, pour la punir d’avoir le cœur dans la pluie... Vois-tu, Ramilina, il en est de nos joies comme du royaume, elles s’écroulent.
Source : Gutenberg

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille Sur la vaste Terre (1905)

Ah-Sing, qui avait très faim, pensa que peut-être on pourrait le manger ! Mais cette bête lui faisait peur, et comme il cherchait une longue branche pointue, pour la crever de plus loin, Tchao-Ouang cria :
— Ne le tue pas ! il est si vieux ! c’est le Dieu de la forêt !
L’énormité du crapaud leur fit croire qu’il avait vu couler des siècles. Et s’il avait des siècles, il savait tout. Il dominait cette pourriture, puisqu’il y avait survécu. La sagesse du monde est dans les vieillards, et qui vit longtemps devient Dieu, connaissant le bien et le mal.
Source : Gutenberg

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille Sur la vaste Terre (1905)

Ce n’est pas le général Duchesne qui a pris Tananarive, c’est le Kinoly, l’ogre mort qui fait des morts, celui qu’on n’a jamais vu, parce que, lorsqu’on l’a vu, on n’est plus jamais, jamais un vivant, à moins de connaître l’herbe qui charme, l’herbe qui pousse sur les vieux tombeaux, et que les sorciers coupent en dansant... Quand les Français sont venus sur la côte de l’ouest, on l’a entendu rire trois nuits de suite dans le bois sacré d’Ambohimanga : il a des mâchoires de crocodile, son rire claque contre ses dents.
Source : Gutenberg

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