Charles Renel

Résumé

Charles Renel La Race inconnue

LE SORCIER D’AMBOUHIDZANAKA
Sur l’emplacement de l’ancien Rouva d’Ambouhidzanaka, Rakoutoumanga creusait un silo à riz. Le torse et la tête nus sous le grand soleil, le lamba roulé et noué autour des reins, il s’escrimait à coups d’angady sur la dure latérite ; la sueur coulait à grosses gouttes de ses épaules et de sa poitrine. Il s’arrêta pour se reposer un peu, s’accroupit à l’ombre d’un pan de mur ruiné, assis sur ses talons à la mode malgache. Ses pensées étaient moroses, comme il convenait à un vieil homme, contempteur de l’époque présente.
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Charles Renel La Race inconnue

Cinq lunes s’étaient succédées depuis l’étrange soir. Tous les jours elle allait, vers la tombée de la nuit, s’asseoir au pied de l’arbre où elle avait écouté la voix de l’oiseau. Mais jamais il ne voulait chanter. Or, un soir, comme se levait dans le ciel la lune du sixième mois, déjà décroissante, Iasitera connut de nouveau le chant qui fait mourir. Depuis des heures elle était accroupie au pied de l’arbre, sous les orchidées défleuries. Le vent de la saison fraîche la faisait grelotter sous son lamba, pourtant la fièvre brûlait ses tempes et ses oreilles tintaient.
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Charles Renel La Race inconnue

N’était-ce pas plutôt que les Malgaches, indistinctement, seraient les esclaves des vazaha ?
Ratsimba n’ajoutait pas foi à ces rumeurs ; pourtant il se sentait inquiet, se demandait à quel maître il appartiendrait demain. Or voici qu’un jour des Européens vinrent en effet, se disant les propriétaires de la terre de Rainiketamanga, de la case et des troupeaux. Ratsimba se courba devant eux avec le geste servile, les mains étendues vers la terre, les appela ses père et mère, et se déclara leur esclave obéissant.
— Il n’y a plus d’esclaves. L’esclavage est aboli. Tu es libre !
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