Robert Dumeray

Résumé

Robert Dumeray Revue des Deux Mondes

C’est Faralahy, « le vilain nègre ».
Il y a un an, Boutou était semblable à celui-là. Et j’ai vu son âme éclore, son intelligence s’ouvrir, son cœur s’épanouir au sein d’une vie nouvelle. Bien qu’il ne fit encore qu’entrevoir l’existence promise, il ne balançait plus entre ses parens selon la chair et le père de son esprit; il voulait vivre chez ces hommes blancs dont on lui racontait tant de prodiges, comprendre leurs œuvres, s’unir à leur labeur, contempler leur idéal. Son rêve l’entraînait vers ce merveilleux pays d’Europe où l’espace est supprimé, la nature assujettie, l’art vainqueur.
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Robert Dumeray Revue des Deux Mondes

Ce premier succès encourageait les soi-disant maîtres d’Euphrasie ; Boutou et Faralahy, les deux jeunes frères, allaient être mis en vente au prochain marché.
— Hélas ! monsieur, disait le père, pour notre famille c’est le déshonneur, pour mes petits, c’est pis que la mort...
— Allons donc ! l’esclavage domestique n’est pas si dur ! Quel intérêt un maître trouverait-il à maltraiter des serviteurs encore enfans ?
Rainizafy me regarda en face, sourit, et, les larmes aux yeux, recula d’un pas, comme en présence d’un obstacle imprévu, insurmontable...
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Robert Dumeray Revue des Deux Mondes

Le lamba jeté sur l’épaule, Boutou explore sa nouvelle demeure.
— C’est si joli, la maison du vazaha!...
Ce qu’il admire, c’est une de ces villas à l’usage des Européens que les Malgaches bâtissent en brique ou en pisé. Constructions de pacotille, en réalité, où tous les détails trahissent l’inexpérience de l’ouvrier... Le travail de menuiserie n’est pas sans de regrettables négligences, et il règne une aimable fantaisie dans les dimensions des fenêtres et des portes.
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