Pierre Mille

Pierre Mille

Résumé

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille Barnavaux et quelques femmes (1908)

Barnavaux qui sait tout, Barnavaux qui a tous mes vices, mais qui ne les cache pas ; Barnavaux qui ne sera jamais rien qu’un soldat, et que j’aime plus que je n’aimerai jamais personne, parce que tout ce qui se sent, se voit et se touche, tout ce qui arrive et tout ce qu’on rêve, il peut le dire comme vous ne le direz jamais, avec des mots qui sont à lui. Vous ne l’apercevrez dans ces pages que comme je l’aperçus moi-même : par instant, au milieu de paysages divers, au cours d’une action brève, parfois pour un seul geste. Barnavaux n’a pas d’histoire, parce qu’un soldat n’en a pas.
Source : Gutenberg

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille Barnavaux et quelques femmes (1908)

C’est comme ça que l’appellent les Anglais. Mais la Devonia, presque sans ralentir sa course, piquait sa route dans le brouillard, malgré le danger, parce que c’est l’habitude, et aussi que le temps, c’est de l’argent. Seulement, sa sirène criait, en longs meuglements horribles. Imaginez un taureau formidable, impossible, un taureau long de plus de cent mètres, haut comme une maison, hurlant avec sa gorge de fer et ses poumons de fer, sans arrêter : « J’ai peur de vous, ayez peur de moi !... J’ai peur de vous, avez peur de moi !... »
Source : Gutenberg

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille Barnavaux et quelques femmes (1908)

Barnavaux avait couru les bouges de Cholon. Il avait bu du champagne comme un chef, du whisky comme un Anglais, et il exhalait aussi cette odeur fine de chocolat bouillant qui est celle de l’opium. Il n’avait pas fumé l’opium pourtant ; cette ivresse-là ne lui disait rien. C’est trop lent, c’est trop délicat, il faut rester couché sur une natte. Mais c’est si amusant d’aller dans les fumeries bousculer les Chinois qui rêvent auprès de la petite lampe et du bambou divin ! Ses yeux brillaient. Il était gai, assez gris, mais toujours solide.
Source : Gutenberg

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