Pierre Mille

Pierre Mille

Résumé

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille La biche écrasée (1909)

C’est mauvais de laisser un trop vieil oiseau avec un si jeune.
M. Fauche s’approcha. Alors il vit, au fond de la cage, le vieux merle roidi, les pattes renversées, les deux ailes déchiquetées. Il avait un grand trou sanglant à la nuque et ne remuait plus. Il était mort, et tout froid déjà, tout froid!{149}
Quelqu’un dit encore:
—Oui, c’est à force de lui frapper dans le cou avec son bec, comme pour rire, qu’il a fait ça, le jeune. Une fois que le sang est venu, il s’est acharné. C’est leur habitude, à ces petits, quand le printemps vient, et qu’ils se sentent furieux d’être en cage.
Source : Gutenberg

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille La biche écrasée (1909)

On avait étendu Céline sur le plancher. D’abord elle en profita pour s’évanouir tout à fait. Et elle eut un grand sourire; il y a, quand on s’évanouit tout à fait, un moment délicieux, l’impression d’une infinie volupté. C’est une chose qui me console, quand je pense à mourir: on traverse peut-être un moment comme ça quand on meurt. Puis elle revint à elle, et eut mal au cœur. Cela parut de mauvais goût à madame Barbier-Dacquin, tandis que son mari avait peur, peur de toute sa bonne âme, pour la vie de la petite Céline.
Source : Gutenberg

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille La biche écrasée (1909)

Ils n’avaient qu’une servante, et pour que le tub de bébé fût préparé avant le départ de son mari, il fallait à madame Hermot quitter son lit de bonne heure, accorder moins de temps à sa toilette, sacrifier un peu des soins qu’elle donnait à sa beauté. Mais sa maternité prêtait à son corps jeune{168} et à ses traits charmants une souplesse et un éclat qui triomphaient des négligences. Toute sa chair était comme pénétrée de ce bonheur délicieux et calme qui n’était plus seulement, comme aux premiers jours de son mariage, celui de la volupté révélée et satisfaite.
Source : Gutenberg

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