Léon Saint-François

Résumé

Léon Saint-François Vieux péchés, scènes parisiennes (1879)

Estelle !
– C'est toi qui m'appelles ! Bondieu ?
– Parbleu ! Monte tout de suite. Je suis chez le petit. Ah ! dis donc, bourre ma pipe et allume-la. Tu m'entends, grosse bête ?
– Oui, Bondieu.
Une minute après, pendant que je sautais de mon lit dans mes pantoufles, Estelle, dite Bête à Bondieu, poussa la porte en tirant une bouffée.
– Hein ! fit Dyeux en me la montrant orgueilleusement du doigt, comme elle est dressée. Ça ne crache seulement pas.
Un autre aurait sans doute adouci la brutalité
d'une aussi fâcheuse nouvelle, mais lui n'y mit pas tant de façons.
Source : Gallica

Léon Saint-François Vieux péchés, scènes parisiennes (1879)

Tout le monde est sous les armes – Mme Michut en bonnet à fleurs et sa fille Corinne en robe blanche.
MICHUT, en manches de chemise. – Eh bien madame Michut, je vous attends toujours pour mon noeud de cravate !
Mme MICHUT. – Oh ! le vilain musard qui n'est pas encore prêt.
MICHUT. – Est-ce parce que je donne un bal que tu m'appelles Musard ?
Mme MICHUT, qui n'a pas compris. – Oui, quand on se mêle de donner un bal, il faut être à son poste de maître de maison.
MICHUT, dufond de sa cravate. – Tu m'étrangles, ma bonne.
Mme MICHUT. – Aussi c'est embêtant à la fin : tu n'es jamais prêt.
Source : Gallica

Léon Saint-François Vieux péchés, scènes parisiennes (1879)

Isidore, le mari de la défunte, a la tête plongée dans ses mains. De tous les hommes présents, c'est le seul qui ait gardé sa redingote et sa cravate.
PLAISANT (penché sur Isidore) . – Allons, ma vieille branche, c'est des bêtises de pleurer comme ça, à la fin, puisqu'il faut que tout le monde y passe.
ISIDORE (avec un mouvement d'épaules) . – Fichez-moi la paix. Je veux rien.
MADAME PLAISANT. – VOUS êtes tous des sans-coeurs et des propre-à-rien, et c'est moi qui vous le dis, na ! C'est-y vous qu'auriez ce chagrin-là si vous perdiez votre dame ?
GRIVOIS. – Savoir ? Pas vrai, Plaisant ?
Source : Gallica

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