Résumé

Portrait de Henry Murger Henry Murger Scènes de la bohême , par Henry Murger (1851)

Aujourd'hui comme autrefois, tout homme qui entre dans les arts, sans autre moyen d'existence que l'art lui-même, sera forcé de passer par les sentiers de la Bohême. La plupart des contemporains qui étalent les plus beaux blasons de l'art ont été des bohémiens ; et, dans leur gloire calme et prospère, ils se rappellent souvent, en le regrettant peut-être, le temps où, gravissant la verte colline de la jeunesse, ils n'avaient d'autre fortune, au soleil de leurs vingt ans, que le courage, qui est la vertu des jeunes, et que l'espérance, qui est le million des pauvres.
Source : Gallica

Portrait de Henry Murger Henry Murger Scènes de la bohême , par Henry Murger (1851)

En traversant la rue de l'Ouest, ordinairement obscure
et peu fréquentée, Rodolphe distingua une ombre qui se promenait mélancoliquement en mâchant des rimes entre ses dents.
— Hé ! hé ! dit Rodolphe, quel est ce sonnet qui fait le pied de grue ? Tiens, Colline !— Tiens, Rodolphe ! Où vas-tu ? — chez toi. — Tu ne m'y trouveras pas. — Qu'est-ce tu fais là? — J'attends. — Et qu'est-ce que tu attends ? — Ah ! dit Colline avec une emphase railleuse, — que peut-on attendre quand on a vingt ans, qu'il y a des étoiles au ciel et des chansons dans l'air ? — Parle en prose. — J'attends une femme.
Source : Gallica

Portrait de Henry Murger Henry Murger Scènes de la bohême , par Henry Murger (1851)

Marcel, j'étais bien sûre qu'il m'aimait encore. — C'est pour ça, dit-elle en fondant en larmes, — c'est pour ça que je ne voudrais pas mourir tout de suite : — mais c'est fini, — tout à fait. — Tenez, Marcel, faut qu'il soit bien bon ce pauvre ami, pour m'avoir reçue après tout le mal que je lui ai fait. — Ah ! le bon Dieu n'est pas juste, puisqu'il ne me laisse pas seulement le temps de faire oublier à Rodolphe le chagrin que je lui ai causé.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature