Henry Murger,
La vie de bohême
(1856)
“ Comme l'esprit et l'imagination, le cœur n'avait-il donc pas ses heures de verve, d'emportement, d'enthousiasme, s'expliquant par les choses en apparence les plus futiles: un chant d'oiseau, une musique lointaine, un mot dit d'une certaine façon, et transformé par l'accent en une caresse de langage? Pour être durables et supportables d'ailleurs, toutes les passions extrêmes ne doivent-elles pas avoir leurs époques de trêve ? Si la concentration perpétuelle de l'esprit dans, une seule pensée amène la folie, la concentration du cœur dans un sentiment unique n'aurait-elle pas aussi ses dangers? ”

