Résumé

Portrait de Henry Murger Henry Murger Revue des Deux Mondes

Qui sait, dit-elle, si Adeline souhaite être oubliée ? Zéphyr est bien jeune, mais il cessera de l’être ; il possède déjà un talent qui pourra grandir également. Le soin de son avenir va vous être confié, monsieur Lazare. Si Adeline, qui se tait parce qu’elle n’ose pas parler peut-être, vous disait : « Au lieu de me faire oublier, faites au contraire qu’il pense a moi ; entretenez dans le cœur de Zéphyr cet amour dont il m’a déjà donné une si grande preuve ; faites qu’il devienne le mobile de son ambition, et, quand il sera un homme, qu’il vienne me demander à mon père... »
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Ah ! nous faisions un joli couple, ma chère femme et moi. Si le bon Dieu est fâché de la manière dont j’aurai vécu, quand je trépasserai, il pourra bien, s’il veut, m’envoyer dans son enfer : je n’y oublierai pas les quinze ans de paradis que m’aura donnés ma pauvre Françoise.
Père Protat, dit l’artiste véritablement touché par ce naïf regret si simplement exprimé, voulez-vous me faire le plaisir de boire avec moi à la mémoire de votre femme ?
— Ah ! monsieur Lazare, exclama le bonhomme avec une cordiale vivacité, de tout mon cœur.
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Dans le monde où j’ai vécu, Madelon, on m’a appris à respecter le grand âge. Ce respect est un hommage que l’on rend partout à l’expérience d’une vie qui s’achève. Laissez-moi vous dire que les vieilles gens doivent avoir le même respect pour la jeunesse en certaines occasions, et tout à l’heure vous en avez manqué avec moi.
Dans la crainte d’embarrasser la Madelon et même le bonhomme Protat, Adeline ne se servait que le moins possible du langage que l’instruction et l’éducation lui avaient appris à parler.
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