Émile Gaboriau

Émile Gaboriau

Résumé

Portrait de Émile Gaboriau Émile Gaboriau L’Affaire Lerouge

Elle est l'épouse de celui qu'elle aime, sinon... il reste Dieu.
—Des obstacles! fit M. Daburon d'une voix sourde. Vous aimez un homme, vous, il le sait, et il rencontre des obstacles?
—Je suis pauvre, répondit Mlle d'Arlange, et sa famille est immensément riche. Son père est dur, inexorable.
—Son père! s'écria le magistrat avec une amertume qu'il ne songeait pas à cacher, son père, sa famille! Et cela le retient! Vous êtes pauvre, il est riche, et cela l'arrête! Et il se sait aimé de vous!... Ah! que ne suis-je à sa place, et que n'ai-je contre moi l'univers entier!
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Portrait de Émile Gaboriau Émile Gaboriau L’Affaire Lerouge

Le comte mort, la veuve Lerouge morte, madame Gerdy mourante ou dans tous les cas folle, qui donc pourra dire si les papiers ont raison ?
— C’est vrai ! murmura le père Tabaret, c’est vrai ! Et je ne voyais pas cela, moi ! Quelle fatalité ! Car je ne me suis pas trompé, j’ai bien entendu...
Il n’acheva pas. La porte du cabinet de M. Daburon s’ouvrit, et le comte de Commarin lui-même parut dans l’encadrement, roide comme un de ces vieux portraits qu’on dirait glacés dans leur bordure dorée.
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Portrait de Émile Gaboriau Émile Gaboriau L’Affaire Lerouge

Je vous parle en frère tendre et dévoué. Je vous dis : courage, Claire, résignez-vous au plus douloureux, au plus immense sacrifice que puisse exiger l’honneur d’une jeune fille. Pleurez, oui, pleurez votre amour profané, mais renoncez-y. Priez Dieu qu’il vous envoie l’oubli. Celui que vous avez aimé n’est plus digne de vous.
Le juge s’arrêta un peu effrayé. Mademoiselle d’Arlange était devenue livide.
Mais, si le corps ployait, l’âme tenait bon encore.
— Vous disiez tout à l’heure, murmura-t-elle, qu’il n’a pu commettre ce forfait que dans un moment d’égarement, dans un accès de folie.
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