Résumé

Portrait de Henry Murger Henry Murger Scènes de la vie de jeunesse

Chez Jacques, l'invention était vraiment fille du sentiment, et il mettait une parcelle de lui-même dans les plus petites choses qu'il faisait. Il s'aperçut que les souvenirs ne lui suffisaient plus, et que, pareil à la meule qui s'use elle-même quand le grain lui manque, son cœur s'usait faute d'émotion. Le travail n'avait plus de charmes pour lui; l'invention, jadis fiévreuse et spontanée, n'arrivait plus que sous l'effort de la patience; Jacques était mécontent, et enviait presque la vie de ses anciens amis les Buveurs d'eau.
Source : Gutenberg

Portrait de Henry Murger Henry Murger Scènes de la vie de jeunesse

Quand ils furent rentrés chez eux, Ulric fut pris d'une crise violente dont l'exaltation effraya Rosette, pourtant accoutumée à ces explosions d'amour. Il se jeta aux pieds de sa maîtresse, et embrassant à pleines lèvres la petite robe bleue dont elle était vêtue, il s'écria:
—Ma pauvre fille, tu es malheureuse avec moi, tu souffres; hier et aujourd'hui tu as eu froid, demain tu auras faim peut-être. Si tu voulais, ta jeunesse pourrait s'épanouir au milieu d'une existence de joie et de plaisir, au lieu de rester emprisonnée dans la misère. Mais patience, les bons jours viendront.
Source : Gutenberg

Portrait de Henry Murger Henry Murger Scènes de la vie de jeunesse

Ulric prit un grand verre rempli jusqu'au bord et s'écria:
—Je bois....
—N'oubliez pas que les toasts politiques sont interdits, lui cria Tristan.
—Je bois à la Mort, dit Ulric en portant le verre à ses lèvres, après avoir salué sa voisine masquée.
—Et moi, répondit Fanny en buvant à son tour... je bois à la jeunesse, à l'amour. Et comme un éclair qui déchire un nuage, un sourire de flamme s'alluma sous son masque de velours.
Source : Gutenberg

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