Résumé

Portrait de Jeanne Marais Jeanne Marais Les Trois Nuits de Don Juan

Francine conclut, d’une voix coupante :
— Eh bien, voilà !... Tout ça, c’est l’amour, mon amie Thérèse... La trahison, le libertinage et l’ignominie... Ce sont toutes ces bonnes choses que vous regrettez !
Elle ajouta, avec une émotion inattendue :
— Quant à cette ardente chanson qui, parfois, nous monte aux lèvres par un jour de beau soleil : la grande passion... ah ! sapristi ! je suis bien heureuse de n’avoir jamais rencontré l’homme capable de me l’inspirer. Ça doit faire encore plus mal. Je sens que je l’aurais tant aimé... moi qui n’aime personne.
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La vertu, tout court, serait une chose sublime : mais la vertu féminine n’est qu’une forme de l’hypocrisie. Nous ne nous résignons à la rétablir dans son rôle normal qu’à l’apparition de nos premières rides. À cette époque, elle remplace le fard, le rouge, les pommades inutiles... Et la vertu devient le grain de beauté de notre vieillesse. Quand nous sommes jeunes : attraits piquants d’une fausse austérité ; quand nous sommes mûres : grimaces bien pensantes... En somme... notre vertu : c’est l’art d’accommoder les gestes.
— Signé : Francine Clarel ! applaudit Fargeau.
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Votre existence contemplative de peintre vous a formé un esprit calme, naïf, sincère, si reposant !... Alors que la littérature est une espèce de gangrène géniale, une corruption progressive de toutes nos facultés... Votre âme est enluminée comme une image de missel : la mienne a l’air d’une tache d’encre.
Clarel scrutait l’honnête visage étonné de Thérèse Robert ; tout à coup, par un revirement imprévu, la figure de Francine s’adoucit, sa nervosité tomba, et elle conclut en caressant la vieille fille d’un regard tendre :
— Vous êtes une voisine très estimable, mon amie Thérèse...
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