Antoine Albalat

Résumé

Antoine Albalat L'inassouvie : roman intime (1882)

Est-ce bien toi qui parles, Marthe ?
Mais elle fronçait les sourcils, les paupières baissées, presque indifférente, faisant avec la plume de petites raies sur la table.
– Oui, dit-elle, j'ai beaucoup réfléchi, vois-tu. Je suis une vieille femme, moi, et tu n'es encore qu'un enfant. Je te rendrais malheureux en persistant à t'aimer et je serais inexcusable de t'entraîner dans une liaison qui ne t'offrirait que du chagrin.
– Tu ne m'aimes plus !... s'écria-t-il, tu ne m'aimes plus. Que t'ai-je fait, ajouta-t-il, les joues en larmes et d'une voix navrée, dis ! T'ai-je fâchée ?
Source : Gallica

Antoine Albalat L'inassouvie : roman intime (1882)

Une femme ne pas trouve seule et
tout d'un coup ces luxurieuses inventions du plaisir blasé. Cette science d'impudeur, qui la lui aurait apprise, sinon un amant, puisque Marthe avait cent fois raconté à Bernard les froideurs de son mari ? Aussi, plus il possédait sa maîtresse, plus le mystère de la vie de Marthe s'éclaircissait à ses yeux.
En attendant d'avoir une certitude, il cachait en lui ce tourment, et, quoiqu'il s'épouvantât à l'idée de mépriser Marthe, emporté par son ardeur et sa jeunesse, il savourait en amant sincère les voluptés inouïes auxquelles cette femme l'initiait.
Source : Gallica

Antoine Albalat L'inassouvie : roman intime (1882)

« Peut-être trouves-tu que je m'avilis en me partageant entre mon mari et toi. Si tu veux, partons ; allons vivre au bord de la mer, à Paris, où tu voudras. »
Vous croyez, sans doute, que j'accueillis avec joie cette proposition ? Eh bien, non ! Un pareil sacrifice ne tenta qu'une minute mon égoïsme d'amant. Je ne me reconnus pas le droit d'enchaîner Marthe. Peut-on savoir où l'avenir nous entraîne et si, un jour, votre maîtresse ne trouvant pas dans votre amour un dédommagement aux vénérations qu'elle a perdues, ne regrettera pas d'être partie ?
Source : Gallica

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