Emmanuel Denoy

Résumé

Emmanuel Denoy Mercedès Pepin (1883)

Dame ! s'il est vrai qu'il ait une maîtresse.
– Lui ! fit madame de la Genevraye surprise.
– Je n'en sais rien ; on l'a dit. Cela durerait même depuis longtemps.
– Par exemple !
– Et ce qu'il y a de plus fort, c'est que cette femme serait mariée.
Mercedès se sentit pâlir sous son voile.
– Oh ! s'écria-t-elle.
– N'est-ce pas ? Il ne manquerait plus qu'il en eût des enfants !
Madame de la Genevraye se mordit les lèvres. Edwige la regardait avec une moue qui semblait dire : Qu'en penseriez-vous ?
– Êtes-vous sûre de cela ? demanda Mercedès en affectant un sourire d'incrédulité.
Source : Gallica

Emmanuel Denoy Mercedès Pepin (1883)

Mercedès jouait fébrilement de l'éventail.
– Ne parlez pas comme cela ! fit-elle d'une voix altérée, vous ne savez pas ce que vous dites.
– Vous êtes sa mère, c'est votre droit de le préférer. Mais vous avouerez que j'ai bien celui de le haïr.
Madame de la Genevraye ne s'était pas attendue à cette attaque. Elle sentit que le sang-froid allait lui échapper.
– Non, affirma-t-elle d'une voix résolue, vous n'avez pas ce droit, car vos accusations sont insensées.
Si vous éprouvez quelques déceptions, c'est vous-même, vous seul qu'il faut accuser.
Source : Gallica

Emmanuel Denoy Mercedès Pepin (1883)

Retirée au fond de sa voiture, Mercedès repassait dans sa pensée ce qu'elle venait d'entendre chez le maire. Ce qui l'avait surtout frappée, c'était le peu de cas qu'il faisait du caractère de son fils. Cette appréciation sévère, madame de la Genevraye n'avait rien à y corriger. Jamais son ancien amant ne lui avait donné la moindre preuve d'énergie.
Elle s'était dit, en écoutant Manchard, que la puissance d'une maîtresse devait être plus absolue encore que celle d'un père. Si celui-ci se flattait de manier André à sa guise, ne pouvait-elle pas, à plus forte raison, avoir la même prétention ?
Source : Gallica

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