Emmanuel Denoy

Élements biographiques

Emmanuel Denoy Mercedès Pepin (1883)

Dame ! s'il est vrai qu'il ait une maîtresse.
– Lui ! fit madame de la Genevraye surprise.
– Je n'en sais rien ; on l'a dit. Cela durerait même depuis longtemps.
– Par exemple !
– Et ce qu'il y a de plus fort, c'est que cette femme serait mariée.
Mercedès se sentit pâlir sous son voile.
– Oh ! s'écria-t-elle.
– N'est-ce pas ? Il ne manquerait plus qu'il en eût des enfants !
Madame de la Genevraye se mordit les lèvres. Edwige la regardait avec une moue qui semblait dire : Qu'en penseriez-vous ?
– Êtes-vous sûre de cela ? demanda Mercedès en affectant un sourire d'incrédulité.
Source : Gallica

Emmanuel Denoy Mademoiselle Clarens (1880)

Baron ! m'écriai-je audacieusement, je ne vous savais pas si jaloux.
– Jaloux ! moi !
– Oh ! ce sentiment vous fait honneur en même temps qu'à celle qui vous l'inspire ; car vous n'en demandez pas tant aux femmes, et il faut que celle-ci soit terriblement fascinante pour vous faire sortir ainsi de votre philosophie.
– Mais de quelle femme parlez-vous ?
– D'Edmée Clarens.
– Ah ! vous voyez bien que Luc vous a confié ses petits bonheurs !
– Vous voyez bien que vous êtes jaloux !
– Mon cher Tiziano, s'il y a un jaloux dans cette affaire ce n'est pas moi, c'est ce pauvre Luc.
Source : Gallica

Emmanuel Denoy Mercedès Pepin (1883)

Retirée au fond de sa voiture, Mercedès repassait dans sa pensée ce qu'elle venait d'entendre chez le maire. Ce qui l'avait surtout frappée, c'était le peu de cas qu'il faisait du caractère de son fils. Cette appréciation sévère, madame de la Genevraye n'avait rien à y corriger. Jamais son ancien amant ne lui avait donné la moindre preuve d'énergie.
Elle s'était dit, en écoutant Manchard, que la puissance d'une maîtresse devait être plus absolue encore que celle d'un père. Si celui-ci se flattait de manier André à sa guise, ne pouvait-elle pas, à plus forte raison, avoir la même prétention ?
Source : Gallica

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