Alexis Bouvier,
Le mouchard
(1880)
“ Ripal, pardonne-moi, mais je suis bien malheureuse. Gaston, c'était tout pour moi, c'était ma vie, c'était l'avenir ; rien qu'en pensant à lui le passé s'effaçait, et maintenant l'avenir est en deuil, rien, rien. Et la malheureuse sanglotait. Ripal, ne pouvant contenir ses larmes, reprenait : – Pleure pas, ma mie, pleure pas !. Tu as le gône et moi. Du courage donc, pleure pas. – Ah ! je suis maudite, répéta la malheureuse accablée, s'arrachant des bras de Ripal pour se jeter sur le canapé, où, la tête sur le coussin, elle livra libre champ à sa douleur. ”

