“ Mais vous croyez donc qu'on peut aimer deux fois, que le coeur peut s'arracher par lambeaux pour se distribuer à tous ? Ah ! que les hommes sont singuliers, de voir si petite cette grande chose, l'amour ! – Tu me ravis, Iza... Et elle disait cela si adroitement, elle semblait si honnête, si pure en parlant ; dans le tremblement de la voix, il y avait comme de la honte, de l'embarras et de la passion. Oscar de Verchemont était heureux, il l'écoutait, il buvait ses paroles ; elles tombaient goutte à goutte, et chaque mot, comme une goutte d'alcool, augmentait encore le feu qui le dévorait. ”
Résumé
La grande Iza, d’Alexis Bouvier, explore les ambiguïtés de l’amour et de la passion à travers les destins entrelacés d’Iza, une femme fatale, et de ses amants comme Oscar de Verchemont ou le baron Van Ber-Costeinn.
L’œuvre, parsemée de dialogues émouvants et de descriptions sensuelles, dévoile les tensions entre désir et honneur, révélant une société où les relations humaines sont souvent déterminées par l’intérêt ou la chute. Les thèmes de l’affaire, de la déshabillée et de la moralité s’entrelacent dans un récit à la fois troublant et poétique.
Citations de La grande Iza (Alexis Bouvier)
Alexis Bouvier,
La grande Iza
(1881)
“ La grande courtisane ne voulait pas vivre avec un homme ruiné ; c'est alors qu'elle avait cherché le moyen de prendre à son amant tout ce qu'elle pouvait, pour aller vivre avec celui qu'elle aimait. C'était une grosse affaire qu'elle tentait ; il n'y avait guère que la bande de coquins auxquels elle s'adressait qui pût l'accepter. Ce qui était prodigieux pour la réussite, c'était d'avoir entraîné dans l'affaire non Oscar de Verchemont, – il faisait tout ce qu'elle lui commandait, – mais le baron Van Ber-Costeinn, un viveur qui s'occupait d'affaires comme on s'occupe de sport, pour s'amuser. ”
Alexis Bouvier,
La grande Iza
(1881)
“ Il but d'un trait, comme les grands buveurs de Champagne, ceux qui se croiraient déshonorés en portant deux fois la coupe aux lèvres et qui jettent dans leur gosier, comme dans un gouffre, le vin superbe. Iza, bien vite, avait éteint les bougies. Comme Cléa arrachant sa tunique pour se jeter dans l'eau où Neptune l'appelait, – la superbe créature se débarrassait de sa longue chemise de foulard et, nue, s'élànçait d'un bond, comme un fauve, sur le grand lit de velours dont les lourds rideaux retombèrent aussitôt, étouffant sous leurs plis leur mortelle volupté. ”
Alexis Bouvier,
La grande Iza
(1881)
“ Quand il avait été question d'amour, Iza avait répondu mariage. Cela n'avait pas étonné le marin, qui n'avait connu que la brillante Mme Séglin. Dans les circonstances malheureuses qui avaient suivi la mort de son mari, il avait supposé une liaison, mais il ne supposait pas sa conduite légère. Il le croyait ainsi, parce qu'Iza lui avait raconté ses amours à sa façon. Lorsque M. d'Ouville lui avait dit : « Je vous aime, je ferai ce que vous voudrez, » elle avait répondu : « Je veux non pas trouver un amant, mais un époux. » ”
“ Mme Tussaud, lorsqu'elle se trouvait seule près d'Houdard, lui disait tout bas : – Enfin, vous avez réussi !..... Dieu vous pardonne ce que vous allez faire. Et lui tout gai, souriant à la pensée du lendemain, répondait à haute voix : – Votre fille, maman Tussaud, sera la plus heureuse des femmes. Et la jeune fiancée, Cécile, froide, sévère, était calme. C'était une admirable enfant de seize à dix-sept ans, aux cheveux bruns lisses et luisants comme l'aile du corbeau ; elle avait des yeux bleus, des cils bruns, le nez droit et fin, la bouche enfantine. ”
“ Dans le canot, loin du regard des curieux, on lui avait retiré ses vêtements ; la grasse servante du Rendez-vous de la Marine, sur l'ordre de Chadi, avait apporté du linge chauffé en même temps que les couvertures ; on avait revêtu la jeune fille de ce linge blanc, et, à cette heure, étendue dans la civière, tout habillée de blanc, sa tête, belle et pure comme celle d'une vierge, ressortait dans ses longs cheveux noirs ; les traits s'étaient rassérénés peu à peu, et sa bouche adorable semblait sourire à un être invisible ; la fièvre mettait la fraîcheur à ses joues et assurait la vie... ”
Alexis Bouvier,
La grande Iza
(1881)
“ Elle avait été mariée à un financier, Séglin, célèbre par sa scandaleuse banqueroute, et alors on la disait d'une grande famille, car le banquier Séglin croyait avoir épousé en elle la fille du comte de Zintsky. La superbe mondaine, la veuve de Séglin, avait gardé, dans la vie molle et douce des courtisanes, ses habitudes farouches ; il y avait des jours où les parfums qu'elle répandait sur son corps la brûlaient, des nuits où le linge qui touchait sa peau la dévorait ; l'envie lui prenait d'aller à la belle étoile toute une nuit, comme une chienne errante ”
Alexis Bouvier,
La grande Iza
(1881)
“ C'était un charmant petit hôtel, d'apparence assez simple, à l'extérieur discret, bien clos par ses persiennes, bien voilé par les stores et les doubles rideaux. A cette heure, n'était la porte grande ouverte, jetant au dehors un flot de lumière, deux ou trois domestiques attendant les invités à l'entrée, le vestibule splendidement éclairé jusqu'au bas du grand escalier, la maison semblait endormie extérieurement. Iza était connue des gens, car, aussitôt qu'elle se présenta, les valets se précipitèrent ; la double porte vitrée s'ouvrit. ”
“ Oscar de Verchemont, en déposant Iza à la porte de sa chambre, avait fait un suprême effort ; c'était trop en une seule journée, il était brisé par l'émotion ; un moment il avait cru défaillir en montant l'escalier, en portant Iza dans ses bras ; si loin qu'avait été son imagination, la réalité dépassait ses rêves. Lorsque la tapisserie était retombée sur Iza, il était venu en chancelant s'affaisser sur un canapé ; là, il avait bruyamment respiré, et il avait arraché sa cravate et déchiré la boutonnière de son col : il étouffait. ”
Alexis Bouvier,
La grande Iza
(1881)
“ Elle retirait son peigne et formait avec ses cheveux deux lourdes masses qui, retombant sur ses épaules, encadraient admirablement son visage. Elle avait, sur sa toilette, pris un flacon dans lequel elle mouilla son doigt, le passant aussitôt sur ses gencives et sur ses lèvres ; c'était un parfum subtil, qui donnait à ses baisers un charme de plus. Prête, « armée », pour dire le mot, elle ouvrit la porte de sa chambre et courut au-devant de Verchemont qui entrait ; elle l'embrassa, et il sembla au malheureux que ses lèvres se rafraîchissaient sur une fleur. ”
“ Sur les mânes des miens, je le jure ! fit Iza avec un accent de sincérité qu'on ne pourrait surpasser, en levant sur lui son beau regard plein de franchise. Alors, Oscar se laissa glisser à ses genoux et, comme fou, il lui dit : – Iza, je vous aime, tout ce que vous commanderez je le ferai. Libre de moi, si la carrière que j'ai choisie devenait une entrave, j'y renoncerais. Je suis riche, très riche : nous pouvons vivre indépendants ; ce luxe que vous aimez, c'est avec moi que vous le connaîtrez... J'exaucerai tes rêves, je réaliserai tes souhaits ; réponds, ô Iza, tu m'aimeras ?... ”
Alexis Bouvier,
La grande Iza
(1881)
“ Le malheureux a failli déjà se déshonorer pour elle ; maintenant il va tout perdre. Et Huret, marchant dans son bureau, continuait : – Je suis un sot. Je ne devais pas obéir à M. de Verchemont. Il abandonne les poursuites, lui, et la laisse fuir, quand je pouvais la faire condamner. Ces folies de gentilhomme sont ridicules ; parce que c'est une femme, il faut la respecter !. gueuse, infâme qu'importe ! C'est une voleuse, un assassin !. c'est une femme, il faut se taire. Ah ! les sots ! – Elle libre, voilà ce qu'elle fait : elle reprend son oeuvre. ”
Alexis Bouvier,
La grande Iza
(1881)
“ Près de la couche, le corps, complètement nu, est étendu sur les marches du lit, plus blanc de l'intensité du noir de la peau d'ours sur laquelle il est couché ; les pieds sont restés sur la marche du haut ; la tête est en bas, un peu penchée sur le bras droit recourbé et sur les cheveux d'un blond éclatant formant une auréole ; l'autre bras est abandonné dans un mouvement pudique ; le corps a gardé une souplesse qui ferait douter de la mort. On dirait une nymphe endormie ; le visage est doux, reposé, comme souriant à un songe voluptueux. ”
“ Tussaud hocha la tête en signe d'assentiment, et il répéta : – Oui... oui, c'est un voleur. – Oh mon Dieu ! mais, fit Mme Tussaud, nous sommes déshonorés... – Voleur ! oui... hocqueta Tussaud, et ce n'est pas tout... – Quoi ? – C'est un assassin ! râla le brave négociant, laissant tomber sa tête sur sa poitrine ; les deuxlemmes jetèrent un cri en se cachant le visage, comme si le criminel était devant elles. Si loin qu'ils eussent été dans leurs suppositions, jamais ils n'auraient cru chose aussi épouvantable. Voleur, cela avait paru possible à Cécile, mais assassin ! Ah ! ”
Alexis Bouvier,
La grande Iza
(1881)
“ Monsieur le comte d'Ouville, j'ai l'honneur de vous demander pardon du mal que je vous fais ; vous ne savez pas quelle misérable créature vous honorez de votre amour. – Je vous défends. Huret l'interrompit aussitôt : – Cette femme a tué son enfant ; cette femme a assassiné son amie Léa Médan. Cette femme a souillé, déshonoré ceux qu'elle a connus ; cette femme a ruiné, déshonoré son mari Séglin ; cette femme a tenté d'empoisonner son amant le comte de Verchemont ; elle a volé deux millions à la banque !. ”
Alexis Bouvier,
La grande Iza
(1881)
“ Il savait la situation du comte de Verchemont, sa fragilité. Si le mariage convenu entre la duchesse et son maître ne s'accomplissait pas, de Verchemont, déjà très abattu par les catastrophes qu'il avait éprouvées, n'y résisterait pas. Huret le rassura en disant que le danger n'était pas là ; le vieil intendant lui répondit : – Le danger est là. La force, l'énergie, le courage de mon maître en dépendent. Si M. le comte n'avait pas au coeur cette passion, si sa vie n'avait pas ce rêve, il abandonnerait tout. ”
“ Mme Tussaud préparait les toilettes du lendemain, Houdard embarrassé, gêné, prit un siège et vint se placer près de sa fiancée ; un tressaillement qu'il ne vit pas, secoua le corps de la jeune fille... Il était très embarrassé pour parler. Cécile ne lui était pas familière, il était content près d'elle ; amour puissant, mais mal venu, conscient de sa naissance immorale, il était honteux et n'osait se faire voir ; l'homme n'avait donc que le côté matériel du fait, la passion ne l'animait pas, l'amour heureux ne l'exaltait pas, et il se sentait bête. ”
Alexis Bouvier,
La grande Iza
(1881)
“ A demain soir, fit Iza, se dégageant toute frissonnante. Elle disparut, se sauvant, laissant M. d'Ouville seul, étourdi et comme fou. Il se leva. En sortant, il était un peu comme un homme ivre ; il avait l'hébétement du buveur qui balbutie le même mot, répondant à sa pensée. Il disait : – Je t'aime !. je t'aime !. Oh ! le pauvre matelot, le sublime naïf, qui avait toujours vécu loin du faux monde, qui ne croyait qu'au bien, qui respectait la femme, parce que, de nature, la femme doit être bonne. ”
“ Oui, monsieur Houdard, oui, je vous connais bien, si bien... Ah ! vous êtes un viveur, vous ; toutes les lies filles, vous les connaissez, et comme vous avez pour elles le mépris qu'elles méritent, que vous ne cherchez chez elles que la peau qui est douce, le regard qui est beau, la bouche qui est fraîche, que vous ne les aimez pas assez longtemps pour voir s'il y a un coeur sous la peau, une âme sous ce regard, la vérité sur ces oeuvres, que vous ne voulez aimer que la chair enfin... Il vous a appelé la Rosse ; je vous connais, André Hourd, dit la Rosse. ”
“ Il a plu à ta mère de te raconter une chose qui, même si elle était vraie, n'aurait jamais dû sortir de ses lèvres, surtout pour s'adresser à toi ; je ne sais à quel but elle tend, mais cela est faux, je n'ai jamais été l'amant de ta mère... Cécile le regarda et haussa imperceptiblement les épaules ; puis elle dit : – Vous avez encore un sentiment de pudeur que j'apprécie... mais je sais, monsieur Houdard, que vous n'avez pas été l'amant de ma mère, vous avez été un misérable, vous en avez fait votre victime... ”
“ La tête basse, les yeux grands ouverts et ne voyant pas, Houdard restait au milieu de la chambre ; c'est à peine s'il pouvait comprendre ; il sentait de grosses gouttes de sueur couler sur son visage. Une chaleur lourde montait de sa poitrine et envahissait le cou. Il était gêné pour respirer et son cerveau s'enveloppait ; c'était comme une congestion. Il était absolument écrasé ; il s'appuya au dossier d'un fauteuil et se recula à petits pas. Il répétait sans cesse tout bas les mêmes mots : – Maurice était son amant... Cécile lui dit encore : – Bonsoir, André ! ”
Alexis Bouvier,
La grande Iza
(1881)
“ Le vieil Eusèbe attendait l'appel. Dans la grande chambre noire, Oscar de Verchemont se relevait, s'accoudait sur le lit, cherchant à s'expliquer le lieu où il se trouvait et l'état dans lequel il était. Nous savons qu'il était presque nu. Il s'agita sur le lit, comme sous le coup d'une crise nerveuse, mais muette. Puis il voulut se lever. Vaguement, il reconnut la chambre d'Iza. En mettant les pieds sur les marches du lit, il trébucha ; il voulut se dresser et manqua tomber ; il se cramponna aux rideaux d'un effort violent. Un des grands rideaux de velours noir tomba, l'enveloppant. ”
“ La mienne ! je vous ai dit tout cela, Houdard, le jour où je vous ai demandé pardon. – Aujourd'hui rien ne te force ? – Non, rien que la raison... – Mon Dieu ! ma chère Cécile, – et en disant cela il cherchait à prendre sa main ; la jeune fille feignit de ne pas voir le mouvement et se remit à coudre, – je sais bien que ce n'est pas l'amour qui t'entraîne vers moi, tu n'es pas à l'âge où l'on sait ce qu'est l'amour... l'amour des petites filles te fera rire plus tard. – Ah ! fit Cécile calme. ”
Alexis Bouvier,
La grande Iza
(1881)
“ Verchemont, décidé à mourir, l'a éloignée et est venu dans sa chambre chercher le poison, et il s'est grisé avec du champagne pour se donner du courage. – Il revient peu à peu. – Oui, éloignez tout ce monde. Les gens sortirent de la chambre, vivement impressionnés par ce qu'ils venaient de voir. Il ne resta plus que le matelot, Chadi, Eusèbe et les docteurs. L'opération se continuait ; la vie revenait lentement ; mais déjà la peau reprenait sa teinte vivante, et le sang son mouvement régulier. ”
Alexis Bouvier,
La grande Iza
(1881)
“ Une étrangère de qualité, une Moldave, la comtesse de Zintsky, la veuve d'un banquier que des désastres financiers avaient conduit au suicide, très réputée pour sa beauté, pour sa singularité, restant honnête sous les dehors d'une courtisane, – reçue dans le monde mixte, dans le monde parisien, estimée à cause des grands tourments qu'elle avait endurés lors de la ruine de son mari, – avait séduit le comte de Verchemont. ”
“ Il eut un mauvais rire et, se dirigeant vers la chambre de Cécile, il frappa discrètement sur le chambranle de la porte : – C'est moi, Cécile, dit-il avec douceur... Cécile, étonnée, se tint aussitôt sur ses gardes, approchant le revolver de sa main. – Entrez ! dit-elle. Il entra et vainement la jeune femme chercha à lire ce qu'il pensait sur son visage. André dit doucement : – Cécile, mon enfant, tu comprends facilement que le coup a été rude ; je ne m'attendais pas à être si cruellement puni. Enfin tu aimais, tu aimes... Mieux vaut vivre ainsi que tu le dis. ”
Alexis Bouvier,
La grande Iza
(1881)
“ Les affaires sont les affaires ; ces gens sont venus nous offrir la gestion de la banque, nous l'avons acceptée, nous l'avons prise, nous l'avons relevée ; le crédit, c'est à toi et à Van Ber-Costeinn qu'on le doit. Il n'y a pas à hésiter, il faut se débarrasser de ces gens. Au reste, l'affaire est fructueuse, tu n'as aucune inquiétude sur elle ; c'est notre vie, notre fortune ; en l'ayant personnellement, tu rattraperas très rapidement les sacrifices que nous serons obligés de faire. Il faut que ces gens disparaissent au plus tôt. Toi et le baron, c'est la confiance immédiatement rétablie. ”
Alexis Bouvier,
La grande Iza
(1881)
“ Mais, lorsque le comte de Verchemont se serait relevé, peut-être essayerait-elle de revenir ; pour y résister, il n'y avait qu'une chose au monde : une famille. C'était cette famille qu'il désirait que le comte eût au plus tôt. Il affirma de nouveau que la pensée d'Iza était éteinte à jamais dans le cerveau de son maître. Alors Denis, accoudé sur la table, dit négligemment : – Est-ce que M. le comte ne pense jamais au pays, là-bas ? Il n'a pas l'idée, pour oublier ce qui vient de se passer, d'aller se retremper dans ses souvenirs d'enfant ? ”
Alexis Bouvier,
La grande Iza
(1881)
“ Il est fou, . absolument fou ! Le comte d'Ouville, seul dans le vaste appartement, se dirigea vers la chambre d'Iza. En y entrant, il dut s'appuyer au mur pour ne pas tomber, tant le parfum pénétrant répandu dans l'atmosphère emplit son cerveau du souvenir de celle qu'il aimait. Il allait et venait dans la chambre et dans le cabinet de toilette ; ramassait, là, un bout de ruban, ici un morceau de dentelle, un gant, le prenait pour l'embrasser, l'appliquait sur ses lèvres ; puis ému, vaincu, il tomba sur le grand tapis noir où la Grande Iza posait ses pieds, et il fondit en larmes. ”
Alexis Bouvier,
La grande Iza
(1881)
“ Le meurtre de Léa Médan était la première grosse affaire qui lui avait été confiée. N'étant pas encore apprivoisé aux moeurs du Palais, à la vie parisienne, il paraissait timide. Oscar de Verchemont était le dernier descendant d'une famille de soldats ; son père, le seul de sa famille qui eût été magistrat, était mort lorsqu'il était encore bien jeune, et sa veuve s'était consacrée tout entière à l'éducation de son fils ; de là venaient la timidité, la douceur et, disons le mot, la candeur du jeune magistrat : l'éducation des femmes laisse toujours à l'enfant son caractère féminin. ”
Alexis Bouvier,
La grande Iza
(1881)
“ Vous allez vous marier, vous avez tout intérêt à ce qu'il n'y ait pas de scandale, que des calomnies. Verchemont l'interrompit aussitôt : – Des calomnies ! Nous y arrivons, Iza ; je sais ce que vous avez fait déjà. – Vous vous méprenez sur mes intentions. Ce que j'ai pu raconter ; je ne l'ai pas fait pour vous nuire. Oscar, je croyais que vous aviez été victime de votre tentative de suicide. – Oh ! fit Verchemont avec un singulier sourire. – Je parle franchement : je croyais que vous étiez mort ; il fallait justifier ma vie pour me marier avec M. d'Ouville. ”
“ Je vous obéis, docteur, je me retire. Lorsque sa mère fut sortie, Cécile s'accouda sur son lit, et, pleurant, elle dit : – Monsieur le docteur, un médecin est plus qu'un prêtre, on doit tout lui dire, et l'on peut espérer que ce qu'on lui dira mourra avec lui. – C'est le devoir de tout honnête homme, mon enfant, mais c'est une obligation dans notre profession. – Ce que j'ai à vous dire est si grave, si grave, que vous me voyez toute tremblante et toute confuse devant vous. ”
