Gaston

Définition et enjeux

Portrait de Honoré de Balzac Honoré de Balzac Oeuvres de H. de Balzac. Vol. 5

Ah ! chère, je ne savais pas ce que c’était que l’amour, la jeunesse, l’esprit et la beauté réunis. Mon Gaston n’est jamais affecté, sa grâce est instinctive, elle se développe sans efforts. Quand nous marchons seuls dans les bois, sa main passée autour de ma taille, la mienne sur son épaule, son corps tenant au mien, nos têtes se touchant, nous allons d’un pas égal, par un mouvement uniforme et si doux, si bien le même, que pour des gens qui nous verraient passer, nous paraîtrions un même être glissant sur le sable des allées, à la façon des immortels d’Homère.
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Portrait de George Sand George Sand Flamarande

Je voyais Gaston tous les ans : il grandissait, il était beau, il menait joyeuse vie avec les gamins de son âge. Il paraissait heureux, sa nourrice l’adorait, car il était doux et bon. J’avais donc l’esprit tranquille de ce côté-là, et je me disais qu’en voyant la comtesse si sage, si vertueuse, son mari repousserait ses propres soupçons et lui rendrait son premier-né.
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Portrait de George Sand George Sand Les Deux Frères (1875)

Malgré l’admiration de sa mère et de sa mère adoptive, Gaston n’était pas ce que l’on appelle beau. Il n’avait pas la taille élevée de M. de Salcède et les traits réguliers ni le teint éblouissant de Roger ; mais il était charmant, et ce charme augmentait à mesure qu’on l’observait. Sa physionomie, sobre d’expression, avait des finesses inouïes d’affection et de sensibilité. Il était si sympathique et si distingué, même en conservant son parler et ses allures rustiques, que je comprenais l’amour de Charlotte et l’orgueil de madame de Flamarande.
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