Marius-Ary Leblond

Résumé

Marius-Ary Leblond Les martyrs de la république. 1… (1926)

Pourtant, à l'âge de Bonnafielle, le désintéressement ne serait-il pas l'élégance de l'ascétisme laïque? Mieux encore : l'apaisement, la joie de travailler sans l'énervement de l'intérêt personnel? Les yeux
bleus éblouis par la forte lumière du soleil, le Docteur s'assit sur un banc.
Il ne lui restait plus, par réaction contre cet homme, qu'une inextinguible ardeur du cœur vers l'idéal : l'élan breton vers cette fraîcheur céleste du dévouement, salubre comme le vent de la mer sans limites.
M. Le Croizec tenait son idéalisme de son sens très précis de la Nature.
Source : Gallica

Marius-Ary Leblond Les martyrs de la république. 1… (1926)

Jamais dimanche de Mai ne parut plus beau à Fernande Le Croizec et à Léonce Duportail.
Ingénieuse comme une fée de couvent à susciter les rendez-vous « honnêtes », c'est-à-dire enveloppés de joyeuse bande, Fernande avait entraîné les plus sûres de ses amies à poursuivre, chaque dimanche, la promenade rituelle des quais jusque dans la campagne en allant après vêpres goûter dans les vieilles fermes. Ravies, elles s'étonnaient de l'accueil châtelain, si joli de manières et si franc de cœur, que leur faisaient, sous le bocage des
hêtres ou des chênes, les pensives filles de la lande.
Source : Gallica

Marius-Ary Leblond Les martyrs de la république. 1… (1926)

« Geneviève », prononça Madame Le Croizec de sa voix restée si pure qu'elle avait
peine à se charger du moindre reproche : « tu n'as pas été à la messe, ce matin encore !
— O petite mère, je t'en prie... Puisque je ne réussis pas à croire ! Si vraiment cela faisait du scandale; mais la famille est nombreuse : on pense que je suis occupée à la maison. Non seulement Fernande ne manque jamais un office, mais Gaston et Bernard y passent leur temps en prière devant les filles de tes amies. Que veux-tu que la ville réclame encore de nous? »
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature