Félix Charbonnier

Résumé

Félix Charbonnier Fleur lointaine

Rien, pourtant, n’était plus contraire à la réalité, du moins à la réalité consciente, car nul ne saura jamais ce qui se passe dans la profondeur des âmes, de notre âme à nous, même à notre insu. Yvonne éprouvait de la pitié, Paul Demers de l’admiration ; si ces préliminaires sont favorables à l’amour, ils n’y conduisent pas nécessairement, surtout pour des caractères chevaleresques. Quoi qu’ait pu prétendre Robert de Flers dans son Âme en Folie, il y a, d’homme à femme, mille sortes d’affections, qui n’ont rien de commun avec l’amour.
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Félix Charbonnier Fleur lointaine

Monsieur Demers, apprenez que cette enfant est un cœur ultra-sensible ; elle ne peut se faire à l’idée que vous l’ayez traitée comme une grande fille ; elle demande simplement de vous souhaiter la bienvenue comme une fillette en se jetant dans vos bras ! »
— « Exquise petite enfant, dit Paul Demers, j’aurais dû y songer plus tôt ; c’est moi qui ai tort. » Et, s’avançant, il déposa sur ce front candide un tendre baiser. « C’est, dit-il, le baiser de la vieille France à l’autre France encore jeune. »
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Félix Charbonnier Fleur lointaine

La douce Yvonne d’hier ne se reconnaissait plus elle-même, et toute sa famille était dans une réelle stupéfaction. « Ces aveux qu’elle devait taire » venaient de sortir violemment des profondeurs de son âme ulcérée. Pouvait-elle laisser croire qu’elle était indifférente, alors que l’autre, la coureuse d’hommes, venait faire étalage de ses prétendus talents et d’une sensibilité souillée de sensualisme ? Qu’aurait pensé le grand ami si elle était restée muette, comme une petite fille bien sage, dans le coin du salon où elle s’était d’abord confinée ?
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