“ Je suis un tout jeune rhétoricien qui cherche sa voie... — Et moi, répliqua l’élégante jeune fille, je la cherche aussi... Je cherche le bonheur sans le rencontrer jamais. J’ai voulu m’étourdir, me griser de visions enchanteresses, et je n’en ai découvert nulle part comme dans votre hameau... Cher Monsieur Jean, me permettez-vous de vous révéler toutes mes folies ? — Je suis encore bien jeune pour être votre confident, Mademoiselle ; mais, si je vous inspire confiance, pourquoi ne pas consentir à vous écouter ? — Eh bien, voici. Vous avez devant vous un pauvre cœur avide d’affection. ”
Félix Charbonnier
Élements biographiques
Félix Charbonnier (1873-1950) a publié des œuvres comme Fleur lointaine ou La crise. Ses écrits évoquent Paul Demers, Yvonne ou Jean.
Citations de Félix Charbonnier
Félix Charbonnier, Fleur lointaine
“ Rien, pourtant, n’était plus contraire à la réalité, du moins à la réalité consciente, car nul ne saura jamais ce qui se passe dans la profondeur des âmes, de notre âme à nous, même à notre insu. Yvonne éprouvait de la pitié, Paul Demers de l’admiration ; si ces préliminaires sont favorables à l’amour, ils n’y conduisent pas nécessairement, surtout pour des caractères chevaleresques. Quoi qu’ait pu prétendre Robert de Flers dans son Âme en Folie, il y a, d’homme à femme, mille sortes d’affections, qui n’ont rien de commun avec l’amour. ”
“ Mais il était encore beaucoup trop matérialisé pour planer à de telles hauteurs. — Au revoir, Alice, à bientôt ! Je ne suis qu’un enfant, je le vois bien. Tu es plus raisonnable que moi. Crois toujours que je t’aime, plus que ma propre vie. — Oui, réfléchis bien, mon Jean. Je suis maintenant assez forte pour attendre ta détermination. Avant tout, sache que mon cœur t’appartient... Revenu chez lui, le jeune homme rentra dans sa chambre et contempla longuement le portrait d’Exilda. Quelle grâce, quelle noblesse ! Devait-il donc s’en séparer pour asseoir sa vie ?... ”
