G. Sand

Élements biographiques

G. Sand,  Ma sœur Jeanne (RDDM)

“ « Je te défie, me disait ma sœur, d’aimer quelqu’un mieux que nous ; ta future compagne ne t’apportera que l’avenir, tandis que nous, c’est le passé, c’est la joie et la douleur mises en commun, c’est toute la vie qu’on a vécue. »
— C’est vrai, profondément vrai, me dis-je, et si Manoela m’a ému si vivement hier, c’est qu’elle aussi est mon passé ; mais ce n’est pas celui dont parle ma sœur, ce n’est pas la sainte tendresse, la sollicitude, l’expansion de tous les jours, la confiance calme et sacrée : c’est l’insomnie, la curiosité, le dépit, le dégoût.
”
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G. Sand,  Jean de La Roche (RDDM)

“ Moi, dit-elle, sauf un grand chagrin qui m’a frappée quand je n’avais encore que dix ans, je veux parler de la mort de ma pauvre mère, j’ai toujours été heureuse. Vous ne vous figurez pas comme mon père est bon et comme on vit tranquille et libre avec lui. Hope est un amour d’enfant, et quand je dis un enfant, c’est parce qu’il est plus jeune que moi, car je vous assure qu’il a autant de raison et de bon sens qu’un homme fait. Il ne me chagrine que par un côté de son humeur : c’est qu’il aime trop le travail et que si on le laissait faire, il se tuerait. ”
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G. Sand,  Tamaris (RDDM)

“ Il en est de même à l’égard de Mlle Roque. Je l’aimerais de bien bon cœur, si elle n’en devait pas souffrir.
— Ne profanez donc pas le verbe aimer ! Vous n’aimez ni l’une ni l’autre.
— Je les aime comme je peux et plus que je ne devrais, car il est bien certain qu’aucune d’elles ne réalise mon rêve d’amour. Vous avez beau dire et croire que mon âme est dépensée en petite monnaie ; je sais bien le contraire, moi ! Je sais et je sens que je n’ai pas commencé la vie et qu’il y a en moi des trésors de tendresse et de passion qui n’auront peut-être jamais l’occasion de se répandre.
”
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