Mary Mapes Dodge,
Les Patins d’argent
“ « Plus large la sacoche, plus serré le cordon, » n’allait pas être démontrée une fois de plus par sa mère. ”
La sacoche désigne un sac attaché à une selle, utilisé dans divers contextes tels que l’équitation, le cyclisme ou le motocyclisme. En équitation, elle se fixe sur la selle ou un animal de bât, tandis que sur les vélos, elle sert à transporter des équipements indispensables.
Des auteurs comme Mary Mapes Dodge et Émile Petitot en ont illustré l’usage pratique ou symbolique, de la cargaison de provisions à l’accessoire de voyage. Cette pièce, présente depuis l’Antiquité, révèle une histoire technique et culturelle liée aux déplacements et aux modes de transport.
Mary Mapes Dodge,
Les Patins d’argent
“ « Plus large la sacoche, plus serré le cordon, » n’allait pas être démontrée une fois de plus par sa mère. ”
M. Sand, Six mille lieues à toute vapeur
“ Je pars aussi, le ventre creux, mais ma sacoche est bourrée de croquis, de fleurs, parmi lesquelles je reconnais la balsamine biflora, et de graines d’asclépias, d’érable, de chêne, de noyer et d’arbrisseaux exotiques que je me promets de planter chez nous, enfin toute uns forêt en germe. Quand on aime la nature, il faut être philosophe. Nous partons en chemin de fer pour New-York, où nous arrivons à neuf heures. ”
Émile Petitot, Traditions indiennes du Canada Nord-Ouest
“ Cependant le chasseur, fils aîné de la vieille femme, s’en alla quérir l’orignal qu’il avait tué ; puis, étant de retour, il alluma un grand feu pour festiner, et découpa de la viande. La chaleur extrême qui en résulta incommoda si fort la loutre, qui était suspendue dans l’arbre, qu’elle commença à s’agiter dans la sacoche de peau, où elle était engourdie par le froid parmi les franges magiques. Elle se ranima même si bien qu’elle donna l’alarme au jeune chasseur, qui la prit et la jeta au feu, elle, la sacoche et les franges de porc-épic. ”
J.-H. Rosny jeune,
La carapace : roman
(1914)
“ Quelquefois, un ouvrier à moitié ivre ou un farceur lui demandait quand c'est qu'il partirait pour la Belgique avec sa sacoche ; il répondait sévèrement, car ce ne sont pas des choses à dire... Ses fils avaient reçu l'enseignement de sa probité; leurs premiers rêves d'enfants étaient allés au bicorne, à la livrée bleue, aux boutons de métal, à la sacoche et au sac d'écus. La banque les avait accueillis pour récompenser le zèle de François. Au grand orgueil du bonhomme, le directeur lui-même, en recevant chacun de ses fils, avait eu un mot d'éloges pour le père ”
Capitaine Gros, Batteries montées de 75. Instructions intérieures… (1914)
“ GARNIR LA SACOCHE DROITE. - Au fond de la sacoche, placer une musette de pansage renfermant une étrille et une brosse en soie appliquées l'une contre l'autre, un torchon serviette, une paire de brides et sous-pieds d'éperons de rechange. Au-dessous, introduire successivement deux longes en chaîne, dpllx musettes-mangeoires et une éponge. Une fois chaque sacoche garnie, boucler la courroie supérieure de sacoche en engageant son contre-sanglon et son houcleteau dans les passants de la sacoche. ”
Henri Coumès, Le départ en campagne, en Europe ou aux colonies (1897)
“ Une sacoche, comme une gibe-* cière de chasseur, doit nécessairement être très légère, commode et peu volumineuse, ne contenir qu'un en-cas de vivres et des objets de première nécessité. Plusieurs systèmes de sacoches ont été présentés et mis en essai par des officiers ; parmi celles qui paraissent offrir le plus de commodité, nous citerons la sacoche Dubois. Elle est appelée à rendre surtout des services à l'officier dans le cas, par exemple, où sa caisse à bagages serait irop éloignée ou même égarée. ”
Émile Petitot, Traditions indiennes du Canada Nord-Ouest
“ Ils sortent, de jour, pour jouer, et alors ils sont hommes comme leur père. Mais rentrés dans les ténèbres du sac, ils redeviennent chiens. Bien ! je sais ce que je vais faire... La pauvre mère attacha donc une longue lanière à la coulisse dont l’orifice de la sacoche était garnie, et, la prenant dans sa main lorsqu’elle partit, le lendemain, pour sa course ordinaire, elle dit : — Ah ! mes petits, soyez bien sages, voilà que maman s’en va quérir des lièvres blancs pour votre repas. Ce disant, elle partit traînant sa lanière ”
Pr. Mérimée, Revue des Deux Mondes
“ Dans le village, la jeune femme sauta lestement à terre, et, après avoir aidé son compagnon à descendre de sa monture, détacha d’assez lourdes sacoches attachées à l’arçon de sa selle. Les chevaux furent remis à la garde d’un paysan, et la femme chargée des sacoches qu’elle cachait sous son mezzaro, le jeune homme portant un fusil double, prirent le chemin de la montagne, en suivant un sentier fort raide et qui ne semblait conduire à aucune habitation voisine. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ CASAQUE. s. f. Sorte d’habillement dont on se sert comme d’un manteau qu’on met par dessus son habit, & qui a des manches fort larges. Sagum. chlamys. Les casaques sont commodes pour les gens de cheval. Ce mot vient de Caracalla Empereur, lequel étant à Lyon fit habiller tous les gens de cette manière de vêtement. On disoit autrefois caraquin aulieu de casaquin, & on le dit encore à present en Bassigni. D’autres croient que ce mot vient d’un habillement de Cosaques, & qu’on a dit casaque par corruption, comme hongreline de Hongrois. ”
“ Les joyeux propos, les éclats de rire se mêlent au mugissement du bétail. Un Cosaque à cheval, revenant du cordon, frappe à une croisée sans quitter sa monture ; une charmante tête de femme paraît à la fenêtre et l’on entend de douces paroles murmurées à voix basse. Un ouvrier nogaï, qui vient d’apporter sur son arba des roseaux du désert, dételle ses bœufs dans la cour de l’essaoul [10] et cause en tatare avec son chef. Au milieu de la rue est depuis nombre d’années une grande mare que les passants tâchent d’éviter en se serrant contre les haies ”
Maurice Allou, Strophes d'acier (1914-1916) (1916)
“ La terre brûle ! Sous notre vol la steppe a fui... Derrière nous sombre la nuit, Nous arrêtons le crépuscule ! Hourra! hourra! le sol ondule... On croit voir le ciel qui recule Quand sur les Cosaques il luit ! Cependant là-bas, dans la brume, Qui sur les champs en flocons court, Un cavalier guette le jour... Il voit la terre au loin qui fume, Des chevaux chamarrés d'écume, Et sa prunelle d'or s'allume : « Salut, Cosaques de l'Amour! » ”
M. Sacher-Masoch, Revue des Deux Mondes
“ « Le seigneur est mort ! Les infidèles approchent ! Sauve qui peut ! » Et tout aussitôt se produisit une confusion indescriptible. Cependant, le Cosaque avait passé le portail et s’éloignait ventre à terre à travers champs et prairies, fossés et ruisseaux, que son cheval franchissait d’un bond audacieux. On eût dit, avoir sa course affolée, que la belle créature chevauchait derrière lui sur le cheval écumant, fouettant cavalier et monture de ses tresses dorées. ”
Eugène de Groote, Au Caucase (1891)
“ Sous les pieds, des baguettes de bois et des roseaux séchés grincent et se cassent. Soudain le Cosaque se retourne avec une expression sauvage et montre à terre la trace d'un ours, presque un pas d'homme. Il ricane, cligne malignement de l'oeil, assure son couteau dans la gaine et part doucement. Du poing gauche, il serre son fusil, prêt à toute alerte ; de l'autre, il écarte doucement les branches et se glisse sous elles. Il est penché sur le sol, comme un chien à la piste et se retourne parfois avec colère vers Abraham pour lui enjoindre de faire moins de bruit. ”
“ Un parti de Cosaques, profitant du voisinage d’un bois, avait tenté de surprendre le détachement ; la mêlée fut sanglante, notre homme écumait de colère, il tenait beaucoup à ses effets, et la journée lui était fatale : sa culotte déchirée, ses bottes perdues ! aussi ne sabra-t-il jamais avec plus d’acharnement ; un clair de lune superbe éclairait l’action ; la compagnie put admirer la brillante valeur du grenadier qui tua deux Cosaques et fit de sa main un officier prisonnier. ”
X. Marmier, Revue des Deux Mondes
“ Dès qu’elle eut asservi cette race d’hommes étranges, demi-nomades et demi-agricoles, cavaliers habiles et marchands rusés, elle avança librement dans ses projets de colonisation. Le Cosaque est endurci à la fatigue comme son cheval, et fait de longues expéditions comme le Kirgesse. Dès qu’il arrive quelque part, il s’installe, sillonne la terre, sème du grain, et amasse autour de lui du bétail. ”
“ Les vieux Cosaques en cafetan gris et noir, sans ornements ni galons, restaient assis sur le remblai de la cabane de la direction et parlaient gravement entre eux de la récolte, des jeunes gens, des affaires militaires, du bon vieux temps, et regardaient avec calme et majesté la nouvelle génération. Les femmes et les filles inclinaient la tête en passant devant eux ; les jeunes gens ralentissaient le pas et se découvraient, tenant leur bonnet levé au-dessus de leur tête. Les tout vieux se taisaient ”
“ Deux Cosaques parurent à cheval, leur fusil par-dessus l’épaule ; la fumée bleue de deux habitations tcherkesses s’élevait au delà du Térek ; le soleil levant éclairait les roseaux qui bordent le fleuve ; une arba [1] quittait la stanitsa ; des femmes paraissaient sur le bord du chemin, des femmes jeunes et belles ; des alrikes [2] couraient dans les steppes, — Olénine ne les craignait pas — il était jeune, vigoureux, bien armé, et il rêvait aux montagnes, toujours aux montagnes ! ”
Adrien Bourgogne,
Mémoires du sergent Bourgogne
“ Tous les prisonniers et les Cosaques étaient sortis ; nous n’osions respirer. Trois Cosaques à cheval traversèrent encore la grange en galopant et en regardant à droite et à gauche, s’il n’y avait plus personne. Lorsqu’ils furent sortis, je me traînai pour regarder en dehors : je vis un paysan venir, je rentrai à ma place. Il entra dans la grange du côté opposé où nous étions ; nous n’eûmes que le temps de nous couvrir de paille. ”
Leopold von Sacher-Masoch,
Sascha et Saschka
(1886)
“ Que veux-tu de plus, fier Cosaque? Saschka se montra dès le premier moment peu semblable aux autres étudiants : ceux-ci fréquentaient l'Université pour se créer une carrière, et lui n'était poussé que par son amour pour la science. Il employait les jours de congé d'une manière aussi utile que s'il eût été dans la maison paternelle, pendant que ses compagnons, quand l'heure de la liberté avait sonné, se hâtaient d'en user et d'en abuser en passant leur journée dans les cafés et chez les pâtissiers, et SASCHA ET SASCHKA. 45 en fréquentant le soir les théâtres ou les réunions. ”
Louis-François L'Héritier, Aventures d'un marin de la Garde impériale… (1833)
“ Le coup d'oeil des Cosaques avait été aussi prompt que le nôtre : déjà ils sont en train de nous charger; mon compagnon se rend ; quanta moi, je me sens un surcroît de vigueur que je devais peut-être à l'intensité du froid. Opiniâtré à vivre, furieux d'un obstacle qui m'empêche de regagner les miens, je continue de me diriger vers la forêt, mais sans trop me presser : dans un instant aussi critique, il importait que je ne fusse pas hors d'haleine. Trois Cosaques galopent à mes trousses : j'entends les pas de leurs chevaux et le terrible hourra. ”
Cyprien Robert, Revue des Deux Mondes
“ Le paysan slave connaît toutes les familles de plantes et d’oiseaux de son pays; il a des noms pour un nombre étonnant d’étoiles; il s’en forme un cadran pour chaque saison, pour chaque mois de l’année. A quelque moment de la nuit que vous lui demandiez l’heure, il regarde au ciel et vous répond sans se tromper. Le Cosaque a dans son œil une boussole naturelle : envoyé dans une province lointaine où il n’est jamais allé, il ira droit comme une flèche, et arrivera à jour dit à sa destination. ”
Jules Barbey d’Aurevilly,
Les Bas-bleus
“ Je ne suis pas assez niaisement pédant pour parler morale à une Cosaque qui fait sauter son désir, — comme son cheval, — par-dessus toutes les barrières, sous lesquelles les autres femmes, qui ne sont pas Cosaques, coulent parfois subtilement le leur. ”
Anatole France,
Le Petit Pierre
“ Mais je ne me laissai point embrasser. — Mélanie, est-ce que tu aurais rebuté le Cosaque, si tu avais été sûre qu’il brûlerait le village pour cela ? — Je l’aurais rebuté, dussent mes père et mère, oncles, tantes, neveux, nièces, frères et sœurs, et monsieur le maire, monsieur le curé et tous les habitants, être grillés dans leurs maisons avec les bêtes et les denrées. — Ils étaient bien laids, n’est-ce pas, Mélanie, les Cosaques ? — Oh ! oui. Ils avaient le nez écrasé, les yeux bridés et des barbes de bouc. Mais grands et forts. ”
M. Sacher-Masoch, Revue des Deux Mondes
“ Et tandis qu’il enroulait les tresses dorées autour de sa main, il enfonça le poignard dans le cœur de la staroste. Elle poussa un cri, cambra une dernière fois son beau corps, et retomba râlant. Devant sa couche, le Cosaque s’était agenouillé, et faisait sa prière en silence. Quand il eut achevé le signe de la croix, il se leva... Le vœu du Polonais était accompli, sa femme morte. Ah ! elle était belle, même dans la mort, étendue dans les flots d’une fourrure d’hermine inondée de sang, perdue au milieu du nuage doré de ses cheveux blonds épars. ”
“ Olénine monta en courant le perron de la cabane et poussa la porte du vestibule. Marianna, vêtue seulement d’une chemise rose, selon l’usage des filles cosaques, s’éloigna d’un bond de la porte et s’adossa au mur, se couvrant une partie du visage de sa large manche tatare. Olénine vit dans le demi-jour du vestibule la taille haute et élancée de la jeune Cosaque ; il dévora rapidement des yeux ses formes vigoureuses et virginales que dessinait sa fine chemise en toile imprimée, ses beaux yeux noirs qui le regardaient avec une curiosité d’enfant effarouché. « La voilà ! » pensa-t-il. ”
Eugène de Groote, Au Caucase (1891)
“ Rapidement, d'un geste continu et machinal, ils en passent dans la bouche, coupent la pelure avec les dents et la crachent — et lorsque, par un de ces involontaires retours du souvenir, on se représente les Cosaques dans leur attitude habituelle, c'est avec le geste enfantin de manger des graines de tournesol qu'ils vous apparaissent. ”
Alexandre Assier, Légendes, curiosités et traditions de la Champagne et de la Brie… (1860)
“ Les Cosaques ! fit le sacristain d' une voix qui révélait la terreur . – – Et ma miche au beurre ! dit l' enfant de chœur en serrant les poings . – Sortons ! cria le cure d' une voix ferme ; tâchons d' arriver jusqu' à l' église . Mais déjà la maison était entourée de Cosaques . Raingaux , refoulé à l' intérieur par quelques-uns de ces hideux maraudeurs , tomba à la renverse et s' évanouit sur le seuil ; le curé , toujours grave et calme , s' avança pour le secourir . ”
“ Un vieux Cosaque, les pantalons retroussés, sa poitrine grise, nue, revient de la pêche et porte derrière son épaule son filet, où des poissons au dos argenté frétillent encore, et, pour arriver plus vite, il grimpe derrière la haie brisée du voisin et tire son habit qui s’accroche. ”
Catherine Woillez, L'orpheline de Moscou ou La jeune institutrice (1897)
“ Les Cosaques, en effet, étaient là comme fascinés sous le regard de cette jeune fille, qui venait de leur adresser dans leur propre langue des paroles aussi énergiques que touchantes. Frappés d'admiration et de respect pour elle, craignant aussi sans doute les punitions dont elle venait de les menacer, ils se retirèrent à petit bruit en lui promettant de quitter le château, et quelques minutes après ils s'en éloignèrent. ”
M. Sacher-Masoch, Revue des Deux Mondes
“ Pour toute réponse la staroste l’étreignit plus fort et faillit l’étouffer de ses lèvres de nixe. — Laissez-moi, madame, s’écria Godomine, laissez-moi. Je n’ai point aux veines le sang de Judas ! — La vie s’ouvre devant nous, continuait la preneuse d’âmes : à nous les doux propos, aux morts le silence. N’est-il pas beau de vivre et d’aimer ? — Je ne veux pas, dit le Cosaque, j’ai juré. — Eh ! qu’est-ce qu’un serment ? .. Qu’est-ce que la fidélité ? reprit la staroste en riant délicieusement. Elle attira de nouveau le Cosaque vers elle ”
“ deux Cosaques à cheval, leurs fusils engainés se balancent en cadence sur leurs dos ; les chevaux mêlent leurs pattes baies et grises, et les montagnes... Derrière le Terek on aperçoit la fumée de l’aoul [2] , et les montagnes... Le soleil s’élève et brille sur le Terek, qu’on aperçoit à travers les roseaux, et les montagnes... Un chariot vient de la stanitza, des femmes marchent, de belles et jeunes femmes ; et les montagnes... Les Abreks courent dans la steppe et je vais, je n’ai pas peur d’eux, j’ai un fusil, la force, la jeunesse, et les montagnes... ”
Astolphe de Custine,
La Russie en 1839
“ Les Cosaques qui escortaient le puissant personnage, cause du péril, voyant la situation critique où nous étions, avaient eu la prudence d’éviter de nous suivre de crainte d’animer notre attelage : prudence bien insuffisante ! moi, sans même songer à sauter hors de la voiture, je recommandais mon âme à Dieu lorsque Antonio disparut... je le crus tué : la capote et les rideaux de cuir de la calèche me cachaient la scène ; mais au même instant je sens les chevaux s’arrêter. ”
