M. Sacher-Masoch

Résumé

M. Sacher-Masoch Revue des Deux Mondes

LE LIEUTENANT HOLOPHERNE. J’aime la vie des champs, — non pas seulement parce qu’à mon avis la société de la nature est préférable à toute autre, mais parce qu’on y rencontre la véritable originalité. Les habitans de la ville sont tous taillés sur le même type, comme des bûches de même longueur. Ils reçoivent tous la même estampille. Cette marque qu’on retrouve partout, et dont la monotonie nous irrite, se nomme tantôt état social, réputation, opinion politique, tantôt autrement. Toute individualité y est si rare qu’on ne peut en rencontrer une sans en faire cas comme d’un objet précieux.
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M. Sacher-Masoch Revue des Deux Mondes

Le tsar tomba dans une profonde tristesse, et son peuple n’était pas moins affligé. Alors, une nuit, son enfant, resplendissant de l’éclat céleste, lui apparut et lui dit : « Ne pleure pas, je suis auprès de toi, jour et nuit, quand même tu ne me vois pas de tes yeux humains. »
Alors la paix et le calme entrèrent dans le cœur de l’homme abandonné. Partout où il se trouvait, il ressentait la présence de son ange, et il régna, sage et bienveillant, jusqu’à la fin de ses jours.
Serbratowitsch détourna la tête, et je vis des larmes briller dans ses yeux.
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M. Sacher-Masoch Revue des Deux Mondes

Godomine sentit son cœur battre la charge.
— C’est toi, murmura-t-elle, et, s’enveloppant rapidement de ses couvertures :
— Qu’y a-t-il ? Qu’est-il arrivé ? D’où viens-tu ? — Du champ de bataille, madame.
— Où est le staroste, mon mari ?
— Mort ! madame, mort ; mais Dieu soit loué ! il a péri comme un héros.
La staroste épouvantée regardait fixement le messager du désastre. Pourtant elle ne pleurait pas.
— Mort ! murmura-t-elle sourdement.
— Nous avons perdu la journée, continua le Cosaque, et les infidèles, vainqueurs, s’élancent à notre poursuite, nous talonnent.
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