Jean Giraudoux,
Judith tragédie en trois actes
“ Je ne suis que honte, Holopherne. Je brûle de honte. Les lèvres d’Egon, je les sens marquées en blanc sur ce feu.HOLOPHERNE : Non, en rose, sur la neige et la crème. C’est fade. D’assez mauvais goût. Viens ici. Je les efface.JUDITH : Vous n’effacerez pas le faux baiser de mon Dieu ; il couvre mes joues, il est le plus infamant.HOLOPHERNE : Celui d’Egon, d’abord. Voilà. Quel visage pur, bien lavé... Il me semble qu’aucun des baisers dont tes amis les jeunes gens ont dû le couvrir n’y a laissé maintenant de trace... Seule la colère sait redonner la virginité à un visage et trahir son secret. ”
