Jean Giraudoux,
Judith tragédie en trois actes
“ Voilà, ingrate fille, comme Dieu te dédaigne ! Lève-toi... Fais ouvrir la tente, va vers les Juifs, il est temps !JUDITH : Non ! Non ! Épargnez-moi ce martyre !LE GARDE : Quel martyre ?JUDITH : Puisque Dieu le veut, je ne démentirai rien, je renonce à tout scandale. Mais qu’il m’épargne ! Ou qu’il me prenne ! Qu’il me permette de donner à la mort une Judith encore douce ! Que je sois pour tout un peuple et toute une longue vie, le symbole du meurtre et de la haine, Dieu ne le voudra pas, puisque depuis mon enfance Il m’a marquée pour être celui de l’amour. ”

