Jean Giraudoux,
Combat avec l'ange : roman
(1934)
“ C'est ma faute, pensait Maléna. On effraye un amant quand on lui dit qu'on est vierge. Nancy ne voudra jamais montrer le malheur à quelqu'un qui ne l'a pas vu. J'ai eu tort de me prétendre aussi ignorante, de dire par exemple que je n'avais pas vu de mort, c'était un mensonge... Ce n'était qu'un demi-mensonge. Maléna avait vu, en effet, sinon un mort, mais un noyé, quand elle avait cinq ans. Elle l'avait vu évidemment avant qu'il fût noyé. Assise sur la falaise, elle avait vu très loin un nageur lever le bras, tout droit, comme s'il demandait la permission de disparaître, et disparaître. ”
