Maléna

Définition et enjeux

Portrait de Jean Giraudoux Jean Giraudoux Combat avec l'ange : roman (1934)

C'est ma faute, pensait Maléna. On effraye un amant quand on lui dit qu'on est vierge. Nancy ne voudra jamais montrer le malheur à quelqu'un qui ne l'a pas vu. J'ai eu tort de me prétendre aussi ignorante, de dire par exemple que je n'avais pas vu de mort, c'était un mensonge...
Ce n'était qu'un demi-mensonge. Maléna avait vu, en effet, sinon un mort, mais un noyé, quand elle avait cinq ans. Elle l'avait vu évidemment avant qu'il fût noyé. Assise sur la falaise, elle avait vu très loin un nageur lever le bras, tout droit, comme s'il demandait la permission de disparaître, et disparaître.
Source : Gallica

Portrait de Jean Giraudoux Jean Giraudoux Combat avec l'ange : roman (1934)

Et si elle avait surpris de l'intérêt et de la passion dans le regard d'un moustique, elle aurait des nuits pour moustiques. — Avec qui les passe-t-elle en ce moment? demandait Maléna. — Il y a des moments où elle s'admire, où elle s'aime elle-même. Alors elle couche avec elle-même. Car elle ne couche jamais seule. Ce sont ses grands moments de fidélité. — On m'a dit que son amant était
Jacques Blisson, vous savez, le secrétaire de Brossard, disait Maléna, changeant le futur en présent pour voir ce qu'elle éprouverait plus tard en entendant accouplés mon nom et le nom de Gladys.
Source : Gallica

Portrait de Jean Giraudoux Jean Giraudoux Combat avec l'ange : roman (1934)

Le squelette de Maléna, il me fut tout à coup évident que c était le désespoir, le sacrifice. Comme le père distrait et optimiste d'un enfant malade qui un jour enfin le voit d'yeux décillés, et alors le voit mieux dans son épuisement que le médecin même, habitué à le voir, je vis Maléna avec son front terni, ses lèvres lasses. Je compris son désespoir, sa logique, son suicide.
Source : Gallica

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