Jean Giraudoux

Jean Giraudoux

Résumé

Portrait de Jean Giraudoux Jean Giraudoux A la recherche de Bella (1926)

Ma virilité naissait tout à coup, non de la guerre, non de l'étude, mais d'une promenade avec un homme âgé et simple. Tout ce que Nietzsche, et Platon, et Plotin n'avaient fait que brouiller en moi, Fontranges m'aidait à le dégager en champion de jonchet. En moi je dégageais l'énergie sans que tremblât l'amitié, l'ironie sans que la foi bascule. Fontranges, consolidant de temps à autre son épingle de cravate en fouet d'or, ne se doutait pas qu'il escortait un homme au comble de sa destinée.
Source : Gallica

Portrait de Jean Giraudoux Jean Giraudoux A la recherche de Bella (1926)

Le traité de Versailles donnait aux géographes et aux enfants un prisme neuf pour voir le monde. Ces langes aux couleurs modernes des nations naissantes attendrissaient Bella, sensible à toute mode. Sous un soleil qui soulignait dans le défilé la moindre cocarde prune ou mordorée, mais qui doublait le cortège d'un cortège égal d'ombres toutes bleues et semblables, chaque peuple nous saluait maintenant, car les Orgalesse m'avaient forcé à prendre des tickets spéciaux pour la tribune d'honneur.
Source : Gallica

Portrait de Jean Giraudoux Jean Giraudoux A la recherche de Bella (1926)

Pour la première fois les autobus effleuraient un homme vraiment seul, les trains de Versailles que j'entendais sous leur tunnel attaquaient souterrainement un homme seul. La rumeur de la terre m'arrivait sans que je fisse aucun bruit dans ce murmure, comme à l'aéronaute. Parfois je descendais de mon auto. Je faisais quelques pas autour d'elle. Je jetais un coup d'œil sur la Seine. J'y voyais, comme l'aéronaute, des poissons. Puis je remontais vite, comme un lapin qui regagne son terrier ou plutôt une statue, surprise en fraude, son
piédestal.
Source : Gallica

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