Résumé

Paul Foucher Revue des Deux Mondes

Dona Isabelle. Après le bal, don Louis, je m’étais bercé de ce rêve, impossible sans doute, inexécutable. Si notre vie, me disais-je, s’envolait comme ce fandango que nous dansions ensemble ; si nous passions rapidement aux bras l’un de l’autre, au sein de ce monde jaloux et bruyant, sans rien voir que nous, avec de la musique, des lumières et des parfums à l’entour, sans autre idée, sans autre souci que l’amour ; si, pour finir cette douce vie, venait une mort encore plus douce ; si, comme à la fin de ce bal tumultueux, il tombait de mon front une fleur, et puis une autre
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Paul Foucher Revue des Deux Mondes

Oui, mon oncle ; il me refuse... par amour pour moi. Cela vous étonne ! Il m’aime depuis deux jours sans savoir qui je suis : en voulez-vous des preuves ? C’est lui qui a exposé sa vie pour sauver la mienne des attaques des brigands hier, et qui hier soir m’a promis, dans le bal, de refuser pour moi un des plus beaux partis de toute l’Espagne, dona Isabelle d’Ayamonte, une personne de notre connaissance. Il a pu être égaré par quelques fanatiques ; mais son amour me répond de lui : il ne fera que ce que je voudrai,
Ayamonte. Ma sûreté exige cependant qu’on mette ce mandat à exécution.
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Faites rétracter cette grâce, et sur l’échafaud, en face de toute la ville, pendant que le bourreau aiguisera sa hache, je parlerai, je prendrai à témoin le Dieu devant lequel je paraîtrai que je vous ai calomniée indignement, que vous êtes un ange de vertu, et ma tête, en roulant sur le pavé, témoignera aussitôt que ce n’était point la mort que je craignais.
Dona Isabelle. Ah ! tais-toi, tais-toi... méchant homme !... Voilà comme ils sont tous... mourir ! Peu leur importe de laisser sur la terre un cœur brisé et des yeux qui pleureront à jamais...Mourir !
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