Émile Zola,
Nana
(1880)
“ Ton corps t’appartient, et il vaut mieux t’en servir que de subir un affront. ”
Émile Zola,
Nana
(1880)
“ Ton corps t’appartient, et il vaut mieux t’en servir que de subir un affront. ”
“ Vous avez commis des fautes que, dans la justice de ma conscience, je trouve assez pardonnables, mais pour lesquelles vous ne trouverez aucune indulgence dans ce monde hautain et froid que vous avez voulu affronter sans le connaître. Vous avez une ennemie implacable, à qui vous pouvez rendre blessure pour blessure, outrage pour outrage. ”
Victor Hugo,
Les Châtiments
(1870)
“ A CEUX QUI DORMENT Réveillez-vous, assez de honte! Bravez boulets et biscaïens. Il est temps qu'enfin le flot monte, Assez de honte, citoyens ! Troussez les manches de la blouse ; Les hommes de quatre-vingt-douze LES CHATIMENTS. 195 Affrontaient vingt rois combattants. Brisez vos fers, forcez vos geôles ! Quoi! vous avez peur de ces drôles; Vos pères bravaient les Titans ! Levez-vous ! foudroyez et la horde et le maître ! Vous avez Dieu pour vous et contre vous le prêtre; Dieu seul est souverain. Devant lui nul n'est fort et tous sont périssables. ”
Adjutor Rivard,
Manuel de la parole
“ Qu’aux larmes, au travail, le peuple est condamné, Et d’un sceptre de fer veut être gouverné ; Que, s’il n’est opprimé, tôt ou tard il opprime. Ainsi, de piège en piège, et d’abîme en abîme, Corrompant de vos mœurs l’aimable pureté, Ils vous feront enfin haïr la vérité, Vous peindront la vertu sous une affreuse image. Hélas ? ils ont des rois égaré le plus sage. ”
Johann Heinrich Samuel Formey,
Mélanges philosophiques/Tome II
“ Si nous considérons l'homme en société, combien n'y verrons-nous pas de haine , de méchanceté, d'envie, de désirs de vengeance ? Quelles divisions, quelles guerres, quelles désolations ! Meurtres, vols, trahisons, persécution des innocents, oppression de la vérité, triomphe des méchants, ce sont là les choses les plus communes. ”
William Henry, Revue des Deux Mondes
“ Je ne puis voir sans douleur et sans indignation les efforts qu’on fait malicieusement pour exciter dans le peuple un esprit de mécontentement et de désaffection, et pour troubler la concorde heureusement existante entre ces parties de mes domaines qui trouvent dans leur union la force et la félicité. ”
Louis-Simon Auger,
Oeuvres complètes de Molière
(1862)
“ N'avez-vous point de honte, messieurs, de montrer si peu de prudence, pour des gens de votre âge, et de vous être querellés comme de jeunes étourdis! Ne voyez-vous pas bien quel tort ces sortes de querelles nous font parmi le monde? et n'est-ce pas assez que les savants voient les contrariétés et les dissensions qui sont entre nos auteurs et nos anciens maîtres, sans découvrir encore au peuple, par nos débats et nos querelles, la forfanterie de notre art 1 ? ”
Auguste Théodore Hilaire Barchou de Penhoën, Un Mot sur la situation politique… (1849)
“ Questions terribles, qui s'agitent dans la poitrine de tout être doué de raison, sur le sol entier de la patrie. Quoi qu'il en soit, écrivons nos bulletins sous l'inspiration de la seule conscience ; dépouillons-nous de tout sentiment de colère, de haine, d'irritation. ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ Mais si la noire calomnie, ou le blâme au visage odieux, sont un jour la conséquence du devoir que vous m’imposez, la violence que vous me faites me sauvera de toutes les censures, et de toutes les taches d’ignominie qui pourraient en résulter ”
Guillaume-Casimir Pertus, Les échos poétiques : odes, ballades et poésies diverses… (1865)
“ Comme toujours le Crime outrage La faible et modeste Vertu, Pour faire piétiner sa rage Jusque sur son front abattu, Toujours la Poésie ardente Doit trouver une voix stridente Contre les lâches oppresseurs, Et, sur sa tête hérissée, Faire, d'une main courroucée, Siffler mille serpents vengeurs ! ”
Jacques Trullard, Satires. La Justice, ou Rome et Paris… (1872)
“ Les peuples ont vécu, quand ils ont ces pensées, A ce point d'impudeur et de honte poussées. Vous ne nous permettez dès lors plus de repos. Les malheurs aux malheurs, comme les flots aux flots, Se succèdent affreux, jusqu'à ce qu'un abîme S'entrouvre et soit béant sous une ancienne cime. Je plains ton ignorance, et ne l'excuse pas. Tu transformes la vie en suite de combats, Non point contre toi-même et chacun de tes vices, Mais contre la vertu que, sous tes injustices, Tu fais tous tes efforts, lâche, pour opprimer. ”
Giovanni Battista Casti,
Les Animaux parlants, poëme héroï-comique de Casti…
(1847)
“ Prends un maintien à la fois grave et doux, compose tes actions et tes paroles, et tu verras bientôt la haine, l'envie et l'usure prendre l'aspect de la pure vertu ; honte, bassesse, crimes, les actes les plus vils et les plus coupables, l'hypocrisie efface tout. ”
Louis-François Raban, Causes célèbres politiques depuis le 16ème siècle jusqu'à nos jours (1846)
“ Honte éternelle à ceux qui, au lieu de fouler à leurs pieds de semblables craintes, les auraient laissées monter jusqu'à leurs cœurs ! Quant à vous, messieurs, si vous n'avez point à les combattre, tenez-vous en garde contre d'autres ennemis, d'autant plus dangereux qu'ils se cachent sous une apparence d'humanité. Défiez-vous de ces sophismes perfides, de ces déclamations hypocrites, de tous ces piéges modernes que l'on ne cesse de tendre au jury. ”
Victor Hugo,
Actes et paroles
(1937-1940)
“ Allez dans les bois, écoutez les échos, et songez aux représailles ; cette voix obscure et lointaine qui vous répond, c'est votre haine qui revient contre vous. Prenez garde, l'avenir est bon débiteur, et votre colère, il vous la rendra. ”
Charles de Mazade,
Revue des Deux Mondes
“ Encore quelques jours, et je détesterai si fort les gens que je vois, que je ne saurai plus que faire de ma haine. — Quel mal te font-ils donc? — Sentir l’injustice et contempler à tout moment l’absurdité. ”
“ Encore bien mieux pour les peuples qui sont forts par l’ordre, la discipline, l’égalité, l’économie, la sobriété ; chacun attend l’injustice de l’autre, et l’attaque de l’autre. Et les mêmes passions qui poussent à l’attaque font que l’on est vaincu. ”
Gustave Gilles, La Nouvelle Jeanne, par Gustave Gilles (1866)
“ Ils avaient soutenu une lutte acharnée, lutte de calomnies, d'injures, d'intrigues, chacun espérant de s'approprier ce qu'il ravissait à son ennemi. Ils avaient abusé les peuples, les avaient nourris de sophismes, avaient faussé leur esprit, égaré leur conscience avec les faux-fuyants de leurs restrictions mentaies et de leurs arguties. ”
John Milton,
Le Paradis perdu
(1667)
“ Auteur du mal, inconnu et sans nom dans le ciel jusqu’à ta révolte, aujourd’hui abondant comme tu le vois, à ces actes d’une lutte odieuse, odieuse à tous, quoique par une juste mesure elle pèse le plus sur toi et sur tes adhérents. ”
Victor Giraud , Un Philosophe méconnu. — Maine de Biran
“ Je pensais trouver, en avançant, quelque chose de fixe, ou quelque point de vue plus élevé, d’où je pusse embrasser la haine entière, redresser les erreurs, concilier les oppositions. Me voilà déjà avancé en âge, et je suis toujours incertain et mobile dans le chemin de la vérité. ”
J. Simoney, L'avortement de 1789 (1868)
“ Et vous qui parlez de mauvaises passions, comment appellerez-vous l'ambition, l'orgueil et l'égoïsme qui, pour affermir en vos mains une domination usurpée, ne vous ont fourni d'autres armes que la force et la ruse. ”
Henri Louis Bouquet, L'ancien collège d'Harcourt et le lycée Saint-Louis (1891)
“ Garde-les ces crovances et lutte vaillamment pour elles, car, ainsi que Ta dit notre grand poète : Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent, ce sont Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front! ”
Friedrich Nietzsche,
Le Gai Savoir
“ Tâchons plutôt que notre influence sur ce qui est à venir contrebalance la sienne et l’emporte sur elle ! Ne luttons pas en combat direct ! — et toute punition, tout blâme, toute volonté de rendre meilleur est cela. Élevons-nous au contraire nous-mêmes d’autant plus haut ! ”
Louis Antoine Léon de Saint-Just, Œuvres complètes de Saint-Just
“ Les querelles, les perfidies, la malice, la colère, qui se déploient tour à tour, ou sont un frein ingénieux à l’essor de la vigueur combinée dont nous avons besoin, ou sont la marque de l’impuissance de l’esprit humain. Nous devons donc avancer courageusement à notre but, et, si nous voulons une République, y marcher très sérieusement. ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ Appelle à ton aide tous les moyens de te défendre qui sont en ton pouvoir : de quelle nature sont les offenses que tu lui as faites, je ne le sais pas ; mais ton ennemi plein de ressentiment, altéré de sang comme le chasseur, t’attend au bout du jardin : mets flamberge au vent ; fais vite tes préparatifs, car ton assaillant est vif, habile et implacable. ”
Élie Faure,
La Sainte face
(1917)
“ Nul ne comprend la grandeur de. la lutte. Cela m'effraie. Ils s'imaginent qu'un autocrate, d'une chiquenaude, ébranle un monde comme un Dieu, ou qu'un tribun, d'un mot, peut retenir ce monde au bord du gouffre. ”
Arnould Frémy, Confessions d'un bohémien (1857)
“ Les rebuts, l'adversité, les dédains vous atteignent tant pis pour vous. Pourquoi votre âme follement irritée s'avise-t-elle de vouloir faire la fière et de se révolter contre le puissant qui l'opprime? ”
Henri Blaze de Bury,
La Jeunesse de Goethe. — Frédérique Brion
“ Cette lutte fatale du devoir et de la volonté, tous la connaissent plus ou moins et savent les ébranlemens qu’elle entraîne : hésitations, faiblesses, violences, contradictions ; on empoisonne sa vie et celle des autres. ”
Marius Laisné, L'action, comprenant l'animation de la voix… (1867)
“ Et je ne hais rien tant que les contorsions De tous ces grands faiseurs de protestations, Ces affables donneurs d'embrassades frivoles, Ces obligeants diseurs d'inutiles paroles, Qui de civilités avec tous font combat, Et traitent du même air l'honnête homme et le fat. Quel avantage a-t-on qu'un homme vous caresse, Vous jure amitié, foi, zèle, estime, tendresse, Et vous fasse de vous un éloge éclatant, Lorsqu'au premier faquin il court en faire autant? ”
“ Celui qui tombera, ils le couvriront de boue et de malédictions ; celui qui a toujours tort, c’est le plus faible. Faites-vous la guerre aux préjugés, aux petitesses, aux vices ? vous les insultez personnellement ; vous les attaquez dans ce qu’ils ont de plus cher, vous êtes perfide et dangereux. ”
Arnould Frémy, Journal d'une jeune fille (1853)
“ A présent je sens que je suis du nombre de ces lâches... Oui, je me plains et j'accuse à mon tour et tout haut, et la destinée, et les hommes, et le monde tout entier. Oui, il y a dans la vie des maux trop grands, de trop longues injustices, qui sont comme un défi jeté à toutes les facultés de notre être. ”
George Sand,
Souvenirs de 1848
“ Lisez, dans le travail qui suit nos courtes réflexions et dans les Mémoires du Géant, ce livre si naïvement dramatique, les protestations, les persécutions même que soulève toute vérité à l’état de recherche et de démonstration. C’est quand elle a besoin de recueillement, d’étude et d’encouragement, que l’ironie et l’impatience de tuer se dressent autour d’elle. ”
“ La lutte soutenue contre l’homme errant, le débat furieux, inexplicable, poussé à fond, avec une atroce sincérité, une rage terrible à ne rien laisser dans l’ombre, lui semblait à présent comme une victoire remportée sur lui-même. ”
Gustave Le Bon,
Psychologie politique et défense sociale
“ Elles le deviennent malheureusement en pratique, parce qu’une des forces rivales dérive de sentiments sur lesquels la raison est sans prise. La haine, l’envie, la magie des mots et des formules appartiennent à la catégorie des puissances que la logique ne saurait atteindre. ”
“ À dire vrai l’argumentation est elle-même proprement oratoire et les divisions aussi ; non point tant contre l’adversaire que contre les mouvements désordonnés du cœur, les sanglots et les convulsions. ”
Camille Cardonne, Le Roi, la Chambre, le Ministère… (1839)
“ On était dans l'exaspération d'une lutte acharnée; partout la violence était à l'ordre du jour, et partout les esprits sages, modérés, ceux qui s'élevaient au-dessus des passions et des préjugés du moment, étaient traités de faibles, de pusillanimes , vus avec défiance, ou proscrits avec fureur. ”
Paul Delatte,
Dom Guéranger, abbé de Solesmes
(1909)
“ Homme de lutte et de réaction, on retrouvera chez lui, jusque dans les conflits les plus ardents et les contradictions les plus énergiques, ce tempérament de langage et ces accents de modération qui décèlent la force en même temps que la courtoisie... ”
Alexandre Dumas,
Revue des Deux Mondes
“ Ignorer comment on vous attaque et comment vous vous défendez, tomber sans voir qui vous frappe ni d’où le coup part, sentir ceux qui sont debout encore vous heurter du pied sans savoir qui vous êtes, et marcher sur vous !... ”
Pierre Corneille,
Le Cid
(1637)
“ J’attire en me vengeant sa haine et sa colère ; J’attire ses mépris en ne me vengeant pas. ”
Delphine de Girardin,
Lettres parisiennes
“ Et voilà l’imprudence impardonnable que nous avons commise de lancer un trait si terrible, et qui allait si droit au but ; et voilà maintenant que nous avons pour ennemis tous les êtres qui ne se lavent pas les mains ! ”
Louis Véron, Nouveaux mémoires d'un bourgeois de Paris… (1866)
“ Vous verrez renaître contre vous, surgir contre vous, employer contre vous toutes les armes, toutes les perfidies, toutes les malices, toutes les iniquités, tous les outrages, toutes les ruses qui ont été employés de votre temps contre les pouvoirs que vous attaquiez ”
Auguste Laugel,
Les Confessions de John Stuart Mill
“ Comment s’en défier? Quels soins minutieux n’emploie-t-il pas pour se défendre contre l’erreur? Qui s’est mieux gardé contre les entraînemens de la foule, contre les illusions des castes, contre tous les mensonges? ”
Jean-Jacques Rousseau,
Les Confessions
(1782)
“ Le sort qui durant trente ans favorisa mes penchants, les contraria pendant trente autres ; et, de cette opposition continuelle entre ma situation et mes inclinations, on verra naître des fautes énormes, des malheurs inouïs et toutes les vertus, excepté la force, qui peuvent honorer l’adversité. ”
Auguste Angellier,
Robert Burns
“ Par la violence et la variété des sentiments et des vicissitudes, par le mélange de hautes intentions et d’accomplissements débiles, par certaines crises maîtresses et essentielles, elle est une figure à la fois complète et rare de la vie humaine. ”
Eugène Mouton,
Chimère
(1887)
“ Êtes-vous conservateurs ou ne l' êtes -vous pas ? Depuis un mois que nous préparons cette élection , vous ne parlez que de lutte , que de bataille ; vous employez tous les moyens imaginables pour exciter les esprits , pour leur inspirer votre ardeur , et quand je viens rassembler en un cri de guerre éclatant ce que nous murmurons tous depuis tant d' années dans notre juste colère , vous me reprochez de compromettre notre cause , vous me désavouez ! ”
Paul Archambault,
Renouvier
(1911)
“ Quelle opposition entre deux hommes, « l'un capable d'efforts sur lui même et de retenue et déjà investi d'une certaine habitude de consulter le bien d'autrui et le devoir », l'autre violent, intempérant, paresseux, grossier, toujours prêt à l'injustice ! ”
James Guillaume,
L’Internationale, documents et souvenirs
“ Nous aussi, nous ferons ce que nous devons faire, et nous terminons par ces paroles, que nous avons dites une fois déjà à nos adversaires : Plus vous croirez nous faire de mal, et plus vous nous ferez de bien. ”
Sophie Gay,
Physiologie du ridicule
(1833)
“ Une discussion politique dans laquelle il changea d’opinion pour mieux combattre celle de son rival, lui fournit l’occasion de placer une de ces injures qu’on ne se pardonne point entre hommes comme il faut. ”
George Sand,
Lélia
(1839 (2e version))
“ Vous voilà courbée et brisée sous le poids de cette destinée que vous avez choisie ! À qui la faute ? Puisse cette leçon vous être utile ! Souvenez-vous de nos querelles, de nos luttes et de notre séparation ; nous nous sommes mutuellement prédit notre perte ! ”
“ Quelle rage vous pousse à fronder tous les vices, à chercher partout des ennemis, à vous attirer des haines sans trêve ? Le monde est méchant, sot et vil : qu’y pouvez-vous ? voilà quatre mille ans qu’on le lui dit ”
